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Iron Curtain, Guerre Froide ou sueurs froides ?

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 780 vues 10 minutes de lecture

Il était une époque où l’Est se livrait à une guerre sans merci avec l’Ouest. Une période pendant laquelle la tension était à son maximum. Intimidations, manœuvres politiques et militaires, dominations et influences. Vietnam, Iran, Afrique du Sud, Cuba, Pologne, Japon, Nigéria, toutes les régions du monde étaient susceptibles de devenir des lieux stratégiques et disputés. D’un côté l’Union Soviétique, de l’autre les Etats-Unis. Une période de l’histoire pas si éloignée de cela et qui a donné lieu à des moments historiques mais aussi à des situations catastrophiques. Cependant, ne croyez pas que cette période est à présent révolue…

Et cette période n’est d’autant moins révolue que le conflit continue. Pour nous, il continue néanmoins sur plateau avec « Iron Curtain ». Une nouveauté localisée en français par Matagot. Aux commandes, les auteurs Pedersen et Granerud. Des noms qui ne nous sont pas inconnus et les plus férus auront déjà fait le rapprochement avec deux autres jeux. En effet, Iron Curtain n’est autre que le benjamin de « 13 Jours » et « 13 Minutes ». Deux jeux imaginés par ce même duo d’auteurs et qui nous plongeaient pendant les heures cruciales de la crise des missiles de Cuba. En pleine Guerre Froide justement !

Avec Iron Curtain, on aurait envie de vous dire qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Mêmes auteurs, des principes de jeux qui se retrouvent et une thématique qui nous renvoie au cœur de cette fameuse Guerre Froide. Un jeu pour deux joueurs uniquement, accessible dès 14 ans et pour des parties d’environ 25 minutes.

Avec seulement 18 cartes dans la boîte, l’opus nous propose de revivre les luttes et les conflits mondiaux de la Guerre Froide. Des décisions stratégiques entre des ordres à donner ou des effets à activer ; et ceci dans toutes les régions du globe. Techniquement, on reprend en partie les mêmes mécanismes de jeu qu’un 13 Jours ou qu’un Twilight Struggle, mais avec un matériel beaucoup plus léger, un gameplay amaigri et un format de jeu « mini ». La promesse est belle, alors voyons ce que le jeu a dans le ventre.

Jouez-y avec vos Camarades !

Un joueur incarne l’Union Soviétique et l’autre les États-Unis d’Amérique. Le but est de gagner un maximum de points d’idéologie (comprenez par là des points de victoire) pour remporter la partie. Une partie qui se joue en deux manches. Et chaque joueur aura quatre tours à sa disposition durant chacune des manches.

Lors de la première manche, chaque joueur dispose de cinq cartes en main. A son tour, le joueur actif choisit une carte et la pose sur l’espace de jeu, adjacente à une autre carte. S’il s’agit d’une carte du pays ennemi, l’adversaire peut choisir de déclencher l’événement qui y est inscrit. Puis, le joueur actif utilise la carte pour donner des ordres et poser des cubes de sa couleur sur les cartes de jeu au centre de la table. S’il s’agit d’une carte de son pays, le joueur actif décide soit de donner un ordre en posant le nombre de cubes indiqués sur la carte, ou alors de déclencher l’effet de la carte.

Tout le piment du jeu consistera à poser des cubes sur les cartes situées au centre de la table pour dominer l’adversaire dans les différents pays. Quand toutes les cartes de la région sont complétées, on procède à un décompte des points. In fine, un bonus de points est également donné grâce à deux cartes qui n’auront pas été jouées dans les deux camps lors de la première manche. La deuxième manche s’effectue de la même façon mais avec quatre cartes. En fin de partie, chaque région du monde est décomptée pour savoir qui domine l’autre, les points sont distribués et le gagnant est désigné. A noter encore qu’il est possible de remporter la partie si l’un des deux camps parvient à accumuler huit points d’idéologie durant le jeu.

La Guerre Froide en dix-huit cartes

Dix-huit cartes seulement pour un jeu stratégique ? Et qui nous promet de nous plonger au cœur de la Guerre Froide ? Forcément, on a eu envie d’en savoir plus. Surtout que la boîte de jeu surprend par son tout petit format. A l’intérieur, on retrouve cependant un matériel de qualité ; même si on n’en doutait pas une seule seconde. 50 cubes et marqueurs en bois, une carte de score et dix-neuf cartes de jeu. Des cartes toutes toilées et de bonne facture. Attention quand même de les manipuler doucement, elles sont fines ! On retrouve encore un petit dépliant de règles sur huit pages.

Visuellement, les cartes présentent simplement les différents pays et Iron Curtain n’est pas composé d’énormément d’illustrations. A vous donc d’imaginer que vous vous retrouvez pendant la Guerre Froide et que l’ennemi se trouve à vos portes. D’ailleurs, ouvrons une petite parenthèse pour évoquer avec vous le thème du jeu. Soyons clairs, nous ne sommes pas dans un wargame, ni même dans un warteau. Nous sommes sur un jeu de gestion qui utilise simplement une thématique historique. Ce qui n’enlève absolument rien au plaisir de jouer à Iron Curtain !

Côté règlement, tout y est très bien décrit dans le livret des règles. Quelques exemples et des illustrations choisies avec soin et pertinence qui vont nous permettre de débuter très rapidement une première partie. Après une mise en place éclair, c’est parti, vous pourrez entamer le conflit avec votre camarade de jeu.

La prise en main ne pose aucun souci. Surtout que la règle n’est pas bien compliquée puisqu’il suffit de jouer une carte et de choisir entre donner des ordres ou utiliser l’effet de la carte. Rien de plus simple ! En revanche, c’est avec les cartes que le jeu va vous demander un peu de recul pour pouvoir le maîtriser complètement. Avant votre première partie, on vous conseille de lire toutes les cartes et si vous y arrivez, d’essayer de retenir et d’identifier les cartes adverses qui peuvent être vite jouées sans que l’effet ne vous porte préjudice. Rapidement, vous constaterez que le fait de connaître ces dix-huit cartes va vous apporter un avantage certain dans la maîtrise d’Iron Curtain.

Au niveau des mécanismes de jeu, nous sommes sur une gestion de mains de cartes. Une gestion qui se combine avec du placement et de l’opportunisme. En effet, il ne faudra pas hésiter une seule seconde à saisir les possibilités qui s’offrent à vous pour contrôler un pays ou même toute une région. La réflexion y sera assez intense et s’installera un vrai dilemme entre le fait de donner des ordres ou d’utiliser les effets des cartes. Vous aurez aussi à gérer vos cubes de manière réfléchie. Et croyez bien que ce n’est pas si simple car votre adversaire fera tout pour contre-carrer vos plans. L’ensemble de ces mécanismes ont certes déjà été utilisés dans d’autres jeux comme 13 Jours, mais l’ensemble fonctionne de manière efficace.

Intenses mais emplis de réflexion. Voilà comment nous pourrions qualifier les tours de jeu d’Iron Curtain. Généralement, tout se déroule de manière assez fluide mais il peut arriver que vous – ou votre adversaire – deviez prendre un peu de temps pour réfléchir et anticiper la suite des événements. Néanmoins, on a apprécié ce duel qui avance à un bon rythme et qui propose également une interaction efficace qui se traduit par une lutte de domination.

Avec dix-huit cartes seulement, qu’en est-il de la rejouabilité ? Rappelons que les cartes sont brassées avant de débuter le jeu et distribuées aléatoirement. Les différents pays sont positionnés de manière différente à chaque partie. Et finalement, en fonction de ce qui a été joué, vous utiliserez tantôt les effets, tantôt les ordres. Sans compter encore toutes les stratégies différentes que vous pourrez essayer de mettre en place. En définitif, ne comptez pas trop sur des parties similaires d’une fois à l’autre.

On fait donc un constat très positif avec Iron Curtain. Nous avions un peu la crainte de nous retrouver avec un remake de 13 Jours ou de 13 Minutes. Mais finalement, non. Le système de positionnement des cartes change complètement la donne. Bien sûr, l’utilisation des cartes reste globalement identique à ce qu’on avait déjà vu. Mais quand cela fonctionne bien – et c’est le cas – cela n’est vraiment pas un problème. En revanche, on l’a déjà dit mais on le répète, ne vous attendez pas à un jeu historique ; ce n’en est pas un. Iron Curtain exploite le thème de la Guerre Froide mais nous sommes bien sur un jeu de gestion avant tout. Des parties passionnées et passionnantes, on aura senti la tension du début à la fin. Et mieux vaut ne rien lâcher pour ne laisser aucune brèche à votre adversaire.

Évoquons encore le petit format du jeu qui mérite vraiment d’être relevé. La boîte est à peine plus grande qu’un format de cartes standards et peut donc s’emporter partout. Facilement. Un duel basé sur un jeu de gestion, dont l’ensemble est nomade, cela mérite d’être relevé ! Et cerise sur le gâteau, pour moins de 9 Euros ! On ne précise pas souvent le rapport qualité/prix dans nos articles, mais là… chapeau à Matagot !

Iron Curtain restera donc pour nous un petit format aux belles possibilités et dont la profondeur de jeu nous aura surpris en bien. Le thème s’efface un peu face à un gameplay qui nous donne des sueurs à l’image de la guerre… Froides !

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
La fiche d’Iron Curtain sur Board Game Geek
Le site de l’éditeur Matagot

Réacteur de l’article : Léo

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