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Key to the city London, vous en prendrez bien encore un petit quartier ?

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 324 vues 11 minutes de lecture

Ah ! Londres et sa Tamise, ses monuments historiques, ses lieux emblématiques, ses fameux bus rougeoyants… Le temps d’une partie, prenons un concentré de tout cela et transposons-le sur plateau. Ajoutons le plaisir de concevoir son propre petit quartier londonien et le contexte s’avère désormais posé.

La boîte du jeu, version « Master Print »

Il existe plusieurs versions de Key to the city London, mais aujourd’hui il s’agit de l’édition « Master Print » signée Quined Games qui a retenu notre attention. Une boîte bien remplie, sans texte sur le matériel, et pour laquelle, l’éditeur livre du plaisir ludique en anglais, néerlandais, allemand et surtout en français. Si le visuel de ce jeu vous paraît connu c’est que Key to the city London est directement inspiré de son grand frère « Keyflower », qui avait débarqué sur les étals en 2012. Dans cette version londonienne, nous retrouvons presque tous les principes de Keyflower mais dans une thématique différente et avec un gameplay plus léger. On ne s’attarde pas sur les différences surtout que ces dernières sont expliquées en page 7 de la règle de Key to the city London. Le lien se trouve comme d’habitude disponible au bas de cet article.

Ainsi, dans ce concentré de « British touch » pour deux à six joueurs, vous aurez donc la possibilité de concevoir votre quartier, mais pas que ! Key to the city London c’est avant tout un jeu stratégique dans lequel il faudra placer vos ouvriers (des keeples) pour vous emparer des tuiles les plus intéressantes, produire des connecteurs et des compétences, développer votre quartier, éventuellement construire des monuments londoniens et amasser le plus de points de victoire possibles afin d’espérer remporter la partie.

Allons donc…

La partie peut débuter…

Chaque joueur débute la partie avec une tuile maison qui représente le centre de son futur « petit chez soi ». Vous aurez à votre disposition dix ouvriers pris au hasard, appelés des keeples, ainsi qu’une barge vous permettant de voguer sur les eaux troubles de la Tamise. Les keeples sont placés derrière un paravent et personne à part vous ne connaît leur nombre ou leurs couleurs (trois différentes dans le jeu). Une partie de Key to the city London se découpe en quatre époques. Lors de chaque époque, les joueurs pourront préalablement enchérir sur un certain nombre de tuiles qui seront proposées pour ce tour. Ces tuiles vont au fil de la partie composer votre quartier, vous donner des points de victoire mais aussi vous procurer des ressources. Ainsi, vous pourrez produire des connecteurs qui relient deux tuiles entre elles ou de petites tuiles de compétences. Ces compétences seront nécessaires pour améliorer les tuiles de votre quartier. Les connecteurs quant à eux serviront également pour l’amélioration des tuiles mais aussi pour vous emparer de points de victoire.

Un mot sur les connecteurs qui se concrétisent simplement par de petits bâtonnets en bois disponibles en six couleurs différentes. Ces éléments représentent dans le jeu des conduites d’eau, des tuyaux d’égouts, des câbles électriques, des conduites de gaz, des câbles de télécommunication et des tunnels souterrains.

A votre tour de jeu, vous choisissez d’effectuer une action parmi cinq. La première consiste à faire une offre sur une tuile lieu mise aux enchères au centre de la table. Pour ce faire, vous utilisez vos keeples, toujours d’une seule et même couleur, en les plaçant devant la tuile que vous convoitez. Vos adversaires pourront surenchérir mais uniquement avec des keeples de la même couleur. Si vous décidez de ne pas surenchérir à une enchère existante ou que cette dernière est perdue, vous pourrez réassigner vos ouvriers. La deuxième action possible consiste à utiliser une tuile lieu pour générer les ressources de cette dernière. Ainsi, vous placez votre ou vos keeples sur cette tuile et vous vous emparez immédiatement de la production. A noter que vous pouvez décider de produire sur vos tuiles (celles de votre quartier), celles aux enchères au centre de la table mais aussi sur celles des quartiers de vos adversaires. La troisième action vous permet d’améliorer une tuile de votre quartier en la retournant. Il faudra alors placer un keeple sur cette tuile et satisfaire aux exigences d’amélioration. Chaque tuile améliorée rapporte des points de victoire plus conséquents par rapport aux tuiles de base.

Les tuiles « Tamise »

Quatrième action, passer et ne rien faire. Le fait de passer ne met pas un terme à votre tour mais peut être utile dans le but d’observer les choix de vos adversaires. En revanche, si tous les joueurs décident eux aussi de passer, alors le tour de jeu est terminé. Et finalement, la dernière action, celle qui va mettre un terme à votre tour de jeu consiste à prendre le large. Une fois que vous décidez de ne plus jouer durant ce tour, vous faites voguer votre barge sur la prochaine tuile Tamise et vous choisissez l’emplacement voulu. Vous pourrez éventuellement (pour autant que la place soit libre) devenir le premier joueur ou vous emparer de la précédente tuile Tamise. Les tuiles précédentes pourront aussi être ajoutées à votre quartier et permettront également de générer des points de victoire.

A ce stade de la partie, l’époque est à présent terminée. Les keeples des enchères gagnantes retournent dans la pioche générale et ceux des enchères perdantes (s’il y en a) sont restitués à leurs propriétaires. Les tuiles remportées sont données aux acquéreurs qui les placent immédiatement dans leurs quartiers. Les tuiles sans enchère sont remises dans la boîte du jeu. Chaque joueur pioche de nouveaux keeples en fonction des places prises par la barge sur la prochaine tuile Tamise. Ces keeples vont eux aussi rejoindre l’arrière des paravents, tout comme ceux utilisés dans les quartiers personnels. On replace de nouvelles tuiles aux enchères au centre de la table et un nouveau tour peut à présent commencer.

Le jeu prend fin à l’échéance de la quatrième époque. A noter que les joueurs pourront encore se déplacer sur une cinquième tuile Tamise qui permettra de générer des points de victoire en fonction de l’emplacement occupé par les barges des joueurs en fin de partie. Chacun comptabilise finalement les points de victoire mentionnés sur les tuiles de son quartier et on détermine le vainqueur.

Buckingham, Tower Bridge, Big Ben, Hyde Park & Cie !

A première vue et une fois la boîte de Key to the city London entre les mains, on aurait tendance à imaginer un jeu un peu austère… des tuiles hexagonales, des enchères, des visuels sobres mais peu colorés ! Si vous le voulez bien, dépassons ces aprioris car le titre n’est rien de tout cela. Dans cette édition « Master Print » on note d’emblée une abondance de composants. Et cette abondance, néanmoins nécessaire au déroulement de la partie, a forcé l’éditeur a imaginer de jolis rangements en carton. En effet, le fond de la boîte doit être assemblé pour créer neuf petits casiers bien utiles. Plutôt malin et rudement efficace en cours de partie. Nous évoquions précédemment des visuels sobres sur l’ensemble des tuiles. Rappelons que le jeu a pour but de composer son quartier londonien en assemblant les différentes tuiles disponibles tout au long de la partie. Au final, ces visuels épurés mais travaillés forment une jolie composition et on a finalement l’impression de se retrouver face à une carte touristique qu’on ne se lasse pas de contempler. Indépendamment, les tuiles peuvent sembler visuellement « vides » mais une fois assemblées, le résultat s’avère des plus réussi.

Cela fait déjà du « bon petit quartier » !

La prise en main du jeu n’est pas vraiment compliquée mais il convient de suivre scrupuleusement les différents points évoqués dans la règle car le jeu comporte plusieurs petites particularités que les joueurs se doivent de bien comprendre. Sur une partie de découverte, les premières tuiles sont acquises sans trop de stratégie, mais très vite le jeu se dessine et les choix s’affinent.

Nous sommes sur un titre aux règles simples ce qui contre-balance magnifiquement avec une très belle profondeur de jeu. En effet, les mécanismes de Key to the city London sont vraiment variés et il existe de nombreuses façons de marquer des points de victoire. On débute par une phase d’enchère mais nous sommes d’avis qu’on ne devrait pas la nommer ainsi. Le placement des keeples est avant tout stratégique et on réfléchit beaucoup avant de poser ses ouvriers. Parfois, on se place à minima devant certaines tuiles dans le but de pouvoir réassigner ses keeples ailleurs, ou même se positionner de façon à encourager les autres à modifier leurs stratégies. Il n’y a plus grand chose à voir avec des enchères « classiques »; cette phase est particulièrement subtile et devrait plaire aux fins stratèges. En revanche, il est clair que l’on doit composer avec un petite part d’inconnu car il n’est pas possible de déterminer le nombre et les couleurs des keeples de vos adversaires. Encore que, car la règle propose une variante qui permet de jouer avec une partie de ses ouvriers à placer devant son paravent. L’idée est très bonne et les parties deviennent nettement plus calculées.

Cette phase d’enchère se complète par des étapes visant à produire des ressources pour finalement développer son quartier et marquer des points de victoire. En complément de ce que nous vous expliquions ci-dessus, il y a donc aussi toute une planification stratégique qu’il faudra mettre en place tout le long du jeu. Il faudra gérer ses ressources et orienter sa stratégie vers les éléments qui permettront de marquer le plus de points de victoire en fin de partie. Tout cela en surveillant le développement des autres joueurs et en imaginant de le freiner en s’accaparant, au(x) bon(s) moment(s), des productions possibles dans les quartiers de vos adversaires. Dès le début de la partie, tous les joueurs connaissent les quatre dernières tuiles mises aux enchères et il est ainsi possible d’orienter dès le départ sa stratégie. Mais tout en sachant que les tuiles qui seront ajoutées en cours de jeu changeront d’une partie à l’autre. Il ne sera pas possible de marquer des points de victoire avec tous les éléments du jeu et les joueurs devront donc trouver les bons axes pour optimiser leur jeu. De quoi se faire chauffer les méninges mais sans pour autant que le jeu ne devienne « prise de tête ».

La grande roue est construite; et hop, 12 points de victoire !

Un dernier mot sur les petites tuiles de compétences qui seront nécessaires pour faire évoluer les différents composants de vos quartiers. Il y aura là une petite gestion de ressources à assumer, laquelle pourra également être optimisée dans le but d’accélérer son développement. Il sera donc possible de faire « comboter » différents éléments entre eux mais encore une fois, vous ne pourrez pas tout faire.

Key to the city London offre donc une jolie diversité dans ses mécanismes et une interaction appréciée entre les joueurs. Le titre se prend en main facilement et la diversité est bien présente, soit dans le renouvellement des parties, soit dans les différentes étapes du tour de jeu. Enchère, production, développement et gestion de ressources, le jeu flirte parfaitement avec ce que l’on peut attendre d’un eurogame, travaillé et bien abouti. On ne saurait donc que vous le conseiller si vous appréciez la stratégie avec une règle simple à maitriser.

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
La fiche du Key to the city London sur Boardgamegeek
Le site de l’éditeur Quined Games

Rédacteur de l’article : Léo

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