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Princess Jing, la belle se fait la belle !

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 370 vues 11 minutes de lecture

Nous sommes à l’époque de la dynastie Ming dans la cité pourpre, ou plus communément appelée, la cité interdite. Lieu sacré où son accès était formellement interdit au peuple. Jing, une princesse, était contrainte à vivre dans ce palace de plus de 72 hectares et promise à de riches mandarins. Jusqu’au jour où elle tomba amoureuse d’un garde avec qui elle a pu communiquer aisément, mais qu’elle n’avait jamais vu. C’est dans un élan de folie amoureuse que la princesse Jing décida tout simplement de s’évader pour rejoindre celui qui a su faire vibrer son cœur. Pour réussir, il faudra traverser les jardins impériaux qui entourent le palais ancien et passer à travers une salle remplie de paravents de couleur célestes qui l’amènera vers l’extérieur où se trouve l’élu de son cœur. C’est l’unique chemin possible. Et comme la vie d’une princesse n’est jamais comme dans les contes de fées, le risque de se perdre dans ce labyrinthe de paravents est immense, mais également de rencontrer les porteurs de miroir qui feront capoter son évasion à coup sûr. Ce qu’elle ignore, c’est qu’au même moment, sa jeune sœur, la princesse Fang, vit la même idylle et a la même idée qu’elle… s’enfuir !

Que va-t-il advenir des deux princesses qui désespérément tentent de mettre les voiles ?

Vous serez amenés à décider du sort des deux princesses en faisant appel à toute votre stratégie pour leur permettre de retrouver l’amour avec un grand A. Sous cette thématique poétique et dramatique, Roberto Fraga nous propose un jeu exclusivement 2 joueurs pour un public de 8 ans et d’une durée d’environ 30 minutes. Des illustrations incroyables du célèbre « Mister coup de pinceau », répondant au nom de Naïade (Lords of Xidit, Tokaido, Seasons, Taluva, Sol, The big book of madness, etc.). Et c’est sous l’étendard de Matagot qu’est sorti Princess Jing, en février 2018, bien entendu en français.

Le but du jeu est donc d’être la première princesse à traverser la salle des paravents, sans se faire attraper et en trouvant le bon garde charmant ! Eh oui, ce n’est pas toujours un prince ! Et tous les chemins ne mènent pas forcément à l’élu de son coeur.

Jeu compétitif, il faudra éviter de se faire repérer par l’adversaire, car les porteurs de miroir sont impitoyables et n’hésiteront pas à divulguer l’emplacement de la fugitive. Grâce à un mécanisme très accessible et original, Roberto Fraga réalise néanmoins un jeu subtil dans son gameplay pour permettre à chacun de faire appel à ses meilleures stratégies.

Sans plus attendre, on vous résume la règle du jeu…

Arrivez comme le vent et partez comme l’éclair… mais attention aux paravents droits devant

Dans Princess Jing, il y a deux niveaux de difficultés pour que le jeu soit accessible à un public relativement jeune ainsi qu’un niveau plus ardu pour les joueurs exigeants. On va commencer par le mode normal des princesses en fugue.

Sur le plateau de jeu, on place les 25 paravents vides et chaque joueur place un garde sur un des 5 emplacements aux extrémités de plateau. Le garde fera office de ligne d’arrivée. Ensuite, les joueurs reçoivent respectivement leur princesse, leurs servantes et leurs porteurs de miroir. Ils devront placer les 3 personnages parmi les 5 paravents de la première ligne à l’abri des regards indiscrets. Une fois la mise en place terminée nous pouvons passer en revue les détails des règles.

Pour rappel, le but du jeu est d’être le premier à placer sa princesse en face de son amoureux.

A son tour de jeu, il y a 2 actions possibles ; une obligatoire et une facultative. La première est de déplacer un paravent et la deuxième est de désigner un paravent adverse, si le joueur est persuadé que le paravent est l’emplacement de la princesse.

Si le paravent désigné est bien celui où se trouve la princesse adverse, cette dernière retourne sur sa ligne de départ et le joueur actif pourra immédiatement jouer un autre tour. Par contre, si le paravent désigné ne comporte pas la princesse adverse, c’est le joueur adverse qui gagne immédiatement un tour supplémentaire.

L’action obligatoire peut se jouer de 2 manières. La première est d’intervertir 2 paravents de façon orthogonale ou diagonale. Attention tout de même à ne pas faire pivoter le paravent, le but étant de garder le secret de ce qui s’y cache derrière. L’autre manière est de ramener le paravent de sa princesse ou de son porteur de miroir, peu importe où il se trouve, sur la première ligne. L’adversaire devra fermer les yeux si le joueur actif décide de faire cette dernière variante.

Et voilà, ce n’est pas plus compliqué ! Vous avez tous les éléments en main pour que votre princesse prenne la poudre d’escampette !

Passons maintenant au niveau supérieur, histoire de faire évader de la super princesse de niveau 2.0 Ce qui amènera à avoir, en plus des personnages de départ, un porteur de miroir en plus, la servante et les trois animaux légendaires : le Héron, le Renard et la Chouette. Il faudra avant de commencer la partie, choisir au hasard, deux des trois animaux légendaires et de remettre le troisième dans la boîte sans que l’adversaire en prenne connaissance.

Pour la mise en place, il faudra aussi installer tout ce beau monde sur les deux premières lignes du plateau, chacun derrière son paravent, à condition de mettre obligatoirement la princesse et la servante quelque part sur la première ligne. Pas la peine d’expliquer à quoi sert le deuxième porteur de miroir ni la servante qui sera évidemment un leurre pour tromper l’adversaire, mais alors où est la nouveauté ? Mais c’est élémentaire ma chère Jing ! Les animaux !

En effet, les animaux vont avoir un rôle primordial pour la victoire, car en fonction des animaux choisis (au hasard), cela va déterminer quel garde est le véritable élu de la princesse !

Qui a dit qu’il n’y avait qu’un seul garde ? En tout cas, pas nous ! Navré pour cet oubli. Cela mérite de rajouter ce petit détail et non des moindres, il y aura trois gardes que chaque joueur disposera sur les extrémités respectives du plateau. Donc, non seulement on ne sait pas à quoi ressemble l’heureux élu, mais maintenant il y a ménage à trois ! Une histoire d’amour n’est jamais facile. Certes, mais là quand même ! Chaque joueur devra également choisir une des trois tuiles gardes, car c’est ce qui va permettre de découvrir le bon garde en fonction des deux animaux légendaires que l’adversaire aura choisi aléatoirement. Vous l’aurez sans doute deviné, mais nous allons quand même résumer pour que cela soit encore plus compréhensible.

Dans ce mode expert, il faudra ainsi découvrir les animaux adverses avec l’aide de ses porteurs de miroir. Une fois les deux animaux découverts, identifier sur sa tuile quel garde est le bon. Et finalement, être le premier à amener sa princesse en face de son garde (et le bon !).

Sachez également qu’il y aura un pouvoir spécial qui devra être utilisé avec précaution.

Non, grand fou que vous êtes, ce n’est pas le Kamehameha, mais presque. Il s’agit de la « Paralysie Foudroyante ». Pour faire appel à ce super pouvoir, il faut que le joueur adverse place par mégarde sa princesse devant l’un de vos porteurs de miroir et c’est seulement dans cette condition que le pouvoir peut être utilisé en criant Ka-Me… excusez-nous, « Princess Jing » !

Seulement voilà, un grand pouvoir amène son lot de contraintes et le joueur qui utilise la « paralysie foudroyante » aura 5 tours d’affilée pour amener sa princesse vers son bon garde. Si le joueur ne parvient pas à faire cela au bout des 5 tours, c’est l’adversaire qui gagne la partie. Très punitif, mais le pouvoir est quand même puissant.

Jing belle, Jing all the way…

Soyons directs, l’illustration de la boîte est vraiment magnifique et poétique à la fois. Le rendu final met en exergue tout le talent de Naïade. Et cela résume bien la thématique du jeu avec la princesse Jing d’un côté, son amoureux de l’autre, séparés par des paravents. Si on observe plus en détails on peut même y voir les trois animaux légendaires présents, les avez-vous trouvés ? Un univers magique et d’une immersion poétique. On y trouve que des superlatifs pour un si talentueux illustrateur, mais cela est grandement mérité. Les couleurs sont également minutieusement choisies pour un résultat harmonieux qui nous en met plein les yeux.

L’intérieur de la boîte est également bien pensé. Après avoir passé quelques minutes pour le « depunchage » du matériel, le montage des paravents et le collage des disques miroirs pour les porteurs, on a peut-être la boule au ventre en réalisant qu’il va falloir peut être re-monter le tout à chaque partie ? Que nenni ! Le thermoformage est également travaillé au centimètre près pour accueillir tout le matériel. Un vrai « ouf » de soulagement !

Et qu’en est-il des règles du jeu ? Car vous vous en douter certainement, un jeu aussi accessible que celui-ci devrait jouir d’un livret de règle aéré, illustré, avec le strict nécessaire. Et bien oui ! Quatre pages bien écrites pour une compréhension rapide et beaucoup d’images pour illustrer les phases de jeu. Bref, c’est un sans faute.

Ainsi, la prise en main est rapide mais néanmoins plus longue à maîtriser. Comme tout jeu de stratégie en mode duel, il va falloir minutieusement surveiller l’adversaire pour orienter sa tactique. La mécanique est simple, mais les possibilités sont grandes. Pour les premières parties (en mode standard) on va probablement déplacer sa princesse plus facilement en priorité, histoire d’être le premier à l’amener vers son garde.  Ne vous inquiétez pas, nous le faisons tous. À ce stade-là, on va souvent confondre vitesse et précipitation.  Plus on accumule les parties et plus on devient calculateur et cela va rendre les duels beaucoup plus disputés et intéressants.

Hormis le déplacement tactique des différents protagonistes du plateau, il y a aussi tout un comportement à avoir. Le fameux Poker Face quand un joueur s’apprête à faire un déplacement risqué, ou lorsque vous voulez jetez un œil sur le trou au-dessus des paravents afin de bien identifier le personnage que votre porteur de miroir reflète. Et sans que l’adversaire puisse se douter où vos porteurs se trouvent ! Au début, c’est assez difficile de maîtriser l’ensemble des paramètres, mais l’expérience vient assez naturellement.

Inutile de vous dire qu’en mode expert cela devient primordial de se la jouer « grand stratège ». Et avec deux porteurs de miroir, il y a de quoi faire de belles choses pour non seulement repérer les deux animaux légendaires, mais également traquer la princesse Jing adverse, ou bien la princesse Fang, enfin une des deux… cela devient confus à la longue. Attention aux spécialistes de la « paralysie foudroyante », car c’est indéniablement eux les traqueurs de princesse les plus coriaces. Finalement, la chose technique à maitriser le plus rapidement possible est dans un premier temps, la manipulation du paravent. Il s’agit de ne pas faire l’erreur de pivoter le paravent lors d’une manipulation ! C’est peut-être bête de le souligner, mais oui, croyez-nous, cela vous arrivera.

Princess Jing a tout ce dont un opus familial doit avoir pour satisfaire un maximum de joueurs. Mais nous savons tous que le monde ludique est toujours de plus en plus exigeant et c’est à se demander si Matagot nous réserve quelques surprises concernant Princess Jing ! Ce qui est certain, c’est que nous suivrons l’évolution (espérée) de ce jeu avec grande attention (Matagot, vous avez compris le message ?).

Au final, le jeu est un régal pour les yeux et stimulant pour le cerveau, sans pour autant arriver à la surchauffe des méninges. Un titre orignal doté d’un gameplay travaillé et franchement amusant. Mais méfiez-vous tout de même de l’adversaire que vous aurez en face de vous. Le duel risque d’être terrible ! Et d’autant plus quand il s’agit d’amour… tout le monde le sait ! Dans tous les cas, si vous avez rêvé un jour de vous mettre dans la peau d’une princesse fuyarde à l’époque de la dynastie des Ming, ne cherchez pas plus loin, Matagot l’a fait pour vous et elle ne s’appelle pas Mulan, mais Princess Jing !

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
Le site de l’éditeur Matagot

Rédacteur de l’article : Eric

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