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Viticulture & Toscane, des opus qui ont de la bouteille

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 414 vues 13 minutes de lecture

Ce matin, comme tous les matins depuis maintenant une dizaine d’années, je me lève tôt pour aller travailler ma vigne. J’ai repris l’exploitation de mes grands-parents et à vrai dire, même si le travail est compliqué, il est vraiment plaisant de travailler ici ! J’ai deux vignobles et si mon exploitation continue de bien fonctionner, j’envisage de m’agrandir. J’y verrais bien des plants de Cabernet-Sauvignon ! On verra cela au printemps prochain. Allez, le programme aujourd’hui, c’est vendanger ! Le raisin est prêt, nous avons eu beaucoup de soleil durant l’été et je pense que nous aurons un très bon cru cette année !

Viticulture est un jeu de Jamey Stegmaier, Morten Monrad Pedersen et Allan Stone illustré par Jacqui Davis, David Montgomery et Beth Sobel. Ce jeu est édité chez Stonemaier Games et localisé en français par Matagot. Dans cet opus prévu pour 1 à 6 joueurs, de 13 ans et plus pour des parties d’environ 90 minutes, les joueurs devront développer leur exploitation viticole afin d’avoir la plus prestigieuse. Le titre consiste en un jeu de pose d’ouvriers. Comme Viticulture est difficilement dissociable de son extension Toscane, nous vous parlerons des deux, ensemble, dans leur version essentielle.

Le jeu ainsi que son extension sont issus de campagnes de financement participatives via Kickstarter. Tout d’abord, il y eu Viticulture en 2012, financé par 982 contributeurs avec quelques 65’000 dollars. Puis, il y a eu l’extension Toscane en 2014 qui fut financé par 4 333 contributeurs pour un peu plus de 450’000 dollars récoltés. Un joli petit succès ! Avec cette extension, une nouvelle version (seconde) du jeu de base est annoncée avec plusieurs ajustements. On notera que la différence de financement entre les deux campagnes est due principalement à deux choses ; la qualité du jeu ainsi que la démocratisation de Kickstarter entre ces deux années.

L’édition essentielle (« essential edition » dans le texte) n’était pas prévue. C’est une collaboration entre Jamey et Uwe Rosenberg qui permit à cette édition de voir le jour en 2015. Cette édition, fruit de cette collaboration est une version de la seconde édition contenant des modules de l’extension Toscane dont les Papas, les Mamas et l’Automa (le système pour y jouer en solo).

Le but de ce jeu de placement d’ouvriers est donc de faire un maximum de points de victoire qui représentent les points de réputation de votre exploitation. Le déclenchement de la fin de partie se fait dès lors qu’un joueur dépasse les 20 points de victoire. Alors, on finit l’année en cours et on peut désigner le vainqueur.

Jouez à température ambiante

Une partie de Viticulture (avec Viticulture et son extension Toscane) se déroule en plusieurs années jusqu’à la condition de fin de partie. Chaque année est divisée en quatre saisons qui elles-mêmes sont des zones de jeux sur lesquelles il y a plusieurs emplacements disponibles.

Le principe de jeu est qu’à chaque saison, les joueurs vont pouvoir choisir de positionner chacun leur tour, leurs différents ouvriers, sur un emplacement libre pour y faire l’action liée et bénéficier du bonus si celui-ci y est présent.

Plateau principal

Les ouvriers ne peuvent être utilisés seulement une fois par année, donc chaque placement est définitif pour l’année en cours. Un ouvrier spécialisé est disponible pour chaque joueur et permet de pouvoir faire une action même si l’emplacement est déjà utilisé par un autre ouvrier.

Les diverses actions disponibles vont permettre de gérer l’exploitation agricole. On va ainsi récupérer des types de raisins, qu’on va pouvoir planter dans les champs, qu’on vendangera pour faire du jus, qu’on distillera pour faire des vins. Les vins encavés permettront alors de pouvoir satisfaire les commandes des clients (source principale de points de victoire).

De plus, on va pouvoir embaucher des saisonniers qui nous permettront de nous aider sur des tâches précises. Faire aussi évoluer nos infrastructures permettant l’apport de bonus ou encore recruter de nouveaux ouvriers permettant d’avoir plus d’actions durant l’année.

Une fois que durant la saison en cours chaque joueur a joué ou passé, alors on passe à la saison suivante et on continue de la sorte jusqu’à la fin de l’année où on vérifie la condition de fin et si elle n’est pas déclenchée alors on recommence une nouvelle année.

Faites sauter le bouchon !

Le plateau individuel et ses actions

A l’ouverture des deux opus, nous trouvons pléthore de matériel ! De nombreuses cartes illustrées, des plateaux de jeux centraux et personnels, des ouvriers en bois, des bâtiments en bois, des pièces, des jetons transparents… Si vous utilisez le jeu et son extension, dès le départ (ce que nous conseillons car plus facile à prendre en main en totalité) alors il y aura une bonne phase de rangement. Oui, prévoyez du temps libre ! Il faudra également mettre de côté le plateau du jeu d’origine qui ne contient que deux saisons (été et hiver) afin de bénéficier des subtilités des quatre saisons. Et on ne vous parle pas de Vivaldi ! Roooh, suivez un peu, diantre !

Niveau matériel, il y a de quoi faire ! Chaque bâtiment à construire pour développer notre exploitation est modélisé en bois avec un motif unique par bâtiment (treille, caves,…). Nous avons aussi des petits ouvriers et un grand ouvrier (représentant l’ouvrier spécialisé). Pour représenter les spécialistes (Toscane) nous avons deux autres ouvriers en bois, différentiables des ouvriers, sans compter tout le reste… Il est possible de pouvoir faire évoluer son matériel de jeu en achetant les pièces en métal qui sont sublimes et très agréable à manipuler !

La lecture de la règle est plutôt simple. Cela est dû au fait que le système de jeu l’est également ! Néanmoins, l’ajout des règles issus de l’extension Toscane peut s’avérer un peu laborieux dans un premier temps. Pour l’extension, elle est pensée de façon modulaire : pour les plus novices, on peut jouer le jeu avec l’extension en prenant seulement en compte le plateau et ses nouvelles saisons ainsi que l’influence en Toscane. Par la suite, pourront être incorporés, les spécialistes puis les structures.

Riche ou ne pas l’être…

L’installation du jeu n’est pas des plus rapides, comme on peut s’y attendre pour un jeu de placement. Une fois cette mise en place effectuée, la partie démarre et les tours de jeu sont très fluides. Il y a une certaine tension dans la partie car le nombre de places disponibles pour effectuer les actions sont très limitées. D’ailleurs, ce nombre de place est modulable selon le nombre de joueurs, permettant ainsi, dans de nombreuses configurations, de toujours ressentir cette tension et les frustrations liées au fait qu’on ne puisse pas jouer une action déjà prise. De ce fait, jouer avant les autres procure un certain avantage, équilibré par le fait que si on est plus loin sur la piste d’ordre du tour on récupérera plus de bonus ou des bonus plus importants (en 7ème et dernière position on récupère un ouvrier en plus pour l’année et la possibilité de se placer sur la position 1 (qui n’apporte pas de bonus par ailleurs)). L’ouvrier spécialisé permet quant à lui de pouvoir, une fois par année, de faire une action alors qu’il n’y a pas d’emplacement de disponible. C’est une sorte de joker qui permet tout de même de ne pas être coincé.

Le fait que les points de victoire s’acquièrent relativement lentement permet aux joueurs de bien se développer. On verra donc en principe les joueurs acheter des cépages (de raisin rouge et/ou blanc), puis les planter dans ses vignes. Un peu plus tard on verra des vendanges s’effectuer puis les joueurs choisiront soit de laisser un peu vieillir le raisin dans les pressoirs soit de transformer ce raisin en vin (rouge, blanc, rosé, crémant) et le laisser vieillir en cave. Comme en vrai finalement ! Le but de ces opérations est d’avoir des vins de qualité afin de pouvoir répondre aux commandes des clients. Il ne faut pas oublier d’embaucher de nouveaux ouvriers car ils sont synonymes d’actions supplémentaires au cours de la partie. On se rend compte durant la partie, que dès lors que des commandes sont exécutées et que les points de réputation de chaque exploitant augmentent, une course à la victoire s’effectue alors. On peut alors dissocier deux parties dans le jeu : une partie ou les joueurs vont chercher à se développer, optimiser leurs actions au gré des différents saisonniers récupérés (cartes pouvant être jouées) puis une partie où l’exploitation est « prête » et on va chercher à répondre aux besoin des clients et de ce fait, engendrer des points de victoire.

Durant le jeu, on sent bien que le thème est respecté (amis vignerons ne vous offusquez pas de faire du rosé en mélangeant du rouge et du blanc), l’interaction est présente, plaisante, et les parties sont fluides. Tout cela, dans un jeu complet !

La partie finie, le jeu laisse vraiment un sentiment de satisfaction avec une frustration donnant l’envie d’en recommencer une pour mieux faire. Cependant, il faut garder en tête qu’en plus d’être un jeu de pose d’ouvriers, Viticulture & Toscane restent des jeux d’opportunisme. Nos actions seront souvent guidées par les cartes piochées, que ce soit les cépages (nécessitant des infrastructures pour être plantés), les saisonniers permettant de faire plusieurs actions bien différentes les unes des autres ou les clients récupérés (ainsi que leurs commandes). De plus si on aime programmer ses actions minutieusement en dépit de l’interaction forte pour la possibilité de faire les actions, on peut se retrouver à subir le jeu et le hasard lié à la pioche de cartes ne nous correspondant pas ou peu. Si ce détail ne vous dérange pas, nous vous invitons à tenter votre chance et tenter de devenir le viticulteur avec la meilleure réputation !

Les différences et apports entre Viticulture et Toscane ?

Même si on parle depuis le début que le jeu est indissociable de son extension Toscane, il vaut mieux expliquer les différences. Nous recommandons de jouer avec l’extension Toscane notamment pour les améliorations au niveau du plateau de jeu. Les deux autres modules apportent principalement de la rejouabilité et sont tout de même excellents !

Qui jouera en premier ?

Le plateau : Celui de Viticulture sépare les actions en deux saisons : été et hiver où on trouvera 6 actions possibles en été et 7 en hiver. Le plateau remplaçant de l’extension Toscane va rediviser ces deux saisons pour en faire 4 où du printemps à l’automne on peut effectuer 4 actions différentes et 5 en hiver. De plus, il y a une carte de la Toscane, divisée en régions où les joueurs (au prix d’une action ou d’un bonus) peuvent s’installer afin de récupérer des bonus et chaque joueur majoritaire sur une région en fin de partie gagne des points de victoires supplémentaires. Troisième point, la piste d’ordre de tours est améliorée avec l’extension. Au lieu de n’avoir qu’un bonus (ou pas si premier sur l’ordre de tours) à récupérer au début d’année, on a le droit à plus de complexité avec des bonus récupérables en fin de chaque saison.

Les spécialistes : Ce module de l’extension fait piocher en début de partie deux spécialistes parmi 11 disponibles. Ces spécialistes ont des capacités spéciales et ils s’embauchent comme pour un ouvrier mais au lieu de ne coûter que 4 Lires, ils en coûtent 5. Par exemple, le Professeur, lorsque vous placez le Professeur, vous pouvez récupérer 1 de vos ouvriers classiques d’une case action du plateau sur la saison en cours. Cet ouvrier peut être rejoué durant l’année.

Les structures : Sur un côté du plateau de jeu de l’extension est rajouté un type de carte que nous pouvons récupérer : les structures. Ce sont des bâtiments que nous pouvons construire en plus sur un plateau à accoler à notre exploitation, procurant ainsi des bonus permanents ou sous forme d’actions personnelles.

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle de Viticulture en français
La règle de Toscane en français
La fiche de Viticulture sur Boardgamegeek
La fiche de Toscane sur Boardgamegeek
Le site de l’éditeur Matagot

Rédacteur de l’article : Sylvain

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