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Architectura, j’adore quand un plan se déroule sans accroc !

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 283 vues 10 minutes de lecture

Le câble descend tout doucement. La manœuvre est précise mais pour l’instant, tout se déroule comme prévu. Encore quelques mètres et ça y est, la dernière poutre vient d’être posée sur l’immense structure qui constituera le toit du bâtiment. C’est à grands coups de masse que les charpentiers fixent les chevrons de cette imposante toiture. Au pied du bâtiment, les couvreurs transportent des brouettes de tuiles. Des cargaisons qui proviennent de tous les petits ateliers de la région. Le chantier paraît titanesque mais l’organisation est parfaite. Chacun à son poste. Chacun connaissant sa tâche. Chacun assumant sa fonction. Et il ne faudra plus que quelques semaines pour que tout soit terminé. C’est certain, il aura bientôt fière allure notre nouvel Hôtel de Ville !

Vous vous en doutez, le thème de la construction de ville va à nouveau être au centre du sujet ! Une petite boîte, Architectura, qu’on avait repérée un peu avant le Festival d’Essen 2018, où le jeu y a été présenté pour sa sortie. Localisé en français par Game Brewer, un éditeur qu’on connaît bien et qui propose à son catalogue des titres comme Gugong, Gentes, Chimera Station… Ou plus dernièrement avec le financement participatif de Fuji Koro. Il y a du bon chez l’éditeur et donc, on se devait de jeter aussi un œil sur Architectura.

Et c’est presque une première édition pour Pavel Atamanchuk, l’auteur d’Architectura, dont il faut bien être honnête, nous n’avions jamais entendu parler. Et le duo d’illustrateur Marina Kunakasova et Uildrim, tout aussi méconnus dans nos vertes contrées. Place donc à la nouveauté mais surtout, à la découverte. Super, on adore découvrir de nouvelles choses ! Et si vous avez envie d’embarquer avec nous, sachez qu’Architectura se joue de deux à quatre joueurs pour des parties de 30 à 45 minutes, accessibles dès huit ans. Un titre qui est distribué dans les pays francophones via Atalia.

Dans Architectura, vous voici donc devenu un… ? Oui, un architecte ! Et comme vous, d’autres architectes sont au rendez-vous pour construire la plus belle des villes. Théâtres, temples, tavernes, etc. à vous de déployer tous vos talents pour ériger une cité de légende. Composé exclusivement de cartes, vous placerez vos bâtiments dans les rues et les quartiers de la ville. Le jeu propose ainsi de s’affronter avec les positionnements des bâtiments et utilise une mécanique consistant à faire pivoter les cartes pour marquer des points de victoire.

Pas de panique, on va vous expliquer tout cela avec un bref résumé des règles. Mais avant toute chose, regardons ce qui se cache dans la sacoche de nos futurs architectes avec un aperçu en accéléré du contenu du jeu.

Y’a Koi Dedans ?

Incarnez Jean Nouvel

Devenu architecte, vous êtes en charge de construire une cité resplendissante. Pour gagner vous devez être en possession du plus de points de victoire à la fin de la partie.

Chaque joueur reçoit un deck de douze cartes de bâtiment et chacun en pioche trois, lesquelles vont constituer leur main.

Au centre de la table, huit cartes numérotées, placées côte-à-côte, constituent les rues de la ville. A son tour, le joueur actif place une carte bâtiment de sa main dans l’une des rues au centre de la table. En plaçant une carte de valeur supérieure à celle présente à sa gauche, le joueur pourra ainsi faire évoluer les points de victoire de sa carte qui sera alors pivotée. Chaque carte du jeu comporte également un effet, lequel devra dans un deuxième temps être déclenché et immédiatement appliqué. Les effets vont influencer les points de victoire des cartes, les emplacements, les types de bâtiments, etc.

Avant de terminer le tour, le joueur actif refait sa main à trois cartes. Et la partie se poursuit jusqu’à ce que la ville soit définitivement construite.

Aurez-vous le compas dans l’œil ?

Débutons par regarder ce qui se cache dans cette boîte – bien trop grande – d’Architectura. A part de la place libre, vous y retrouverez 80 cartes carrées, un livret de règles et… 8 jetons. On met volontairement ces huit jetons à la fin de la liste car on voudrait émettre une petite suggestion spécialement destinée à l’éditeur. D’accord, on peut ne pas vouloir mettre du bois partout, mais des petites puces en plastique, à part dans la boîte des « jeux réunis » des années 60, ce n’est plus vraiment ce qu’on souhaite actuellement retrouver dans une boîte de jeu. Mais outre ce petit détail qui ne vous empêche pas de jouer et de profiter d’Architectura, le matériel est plaisant. Surtout que les cartes sont joliment illustrées. De belles couleurs vives et des ambiances graphiques réussies pour un sympathique résultat.

La règle du jeu tient en seize pages mais comme le livret est un petit format, le document se lit rapidement. Quelques illustrations apportent des précisions et des clarifications. Bien rédigé, le feuillet permet de démarrer une première partie avec une prise en main peu complexe. Il y a bien sûr quelques mécanismes à assimiler comme la comparaison des cartes, mais votre première partie pourra déjà être compétitive. On a également apprécié une première approche qui nous propose de jouer avec les cartes de bases. Puis, d’enchaîner avec le mélange d’autres bâtiments grâce aux règles avancées.

Au gré de la partie, les rue se remplissent et les quartiers se dessinent. Il n’y a pas vraiment de concordance entre le système de rotation des cartes et le thème de l’architecture mais cela ne nous a pas du tout dérangé. Le thème est là, discret et l’ensemble nous a paru cohérent.

Architectura impose un tirage des cartes en main qui est soumis au hasard. Une fois les trois bâtiments piochés, il faut donc composer avec. Ainsi, on retrouve principalement des mécanismes d’opportunités dans le système de placement sur les lignes et dans les différentes colonnes. Certains effets utilisent également une forme de majorité pour gagner des points de victoire. Il n’est pas nécessaire de jouer les cartes dans un certain ordre et dès lors, une petit forme de gestion de main se dessine. Mais cela reste quand même léger. En cours de partie et à chaque coup, on réfléchit à la meilleure carte. Au meilleur placement. Tout en sachant que l’on connaît les cartes déjà jouées et celles qui sont encore présentes dans la pioche. Il faut donc effectuer les bons choix en fonction de la situation. Et ce n’est pas toujours simple. Comme un petit air de casse-tête !

Le système de jeu consistant principalement au placement des cartes et à la rotation de ces dernières pour marquer des points de victoire, n’est pas novateur. Mais le tout fonctionne très bien et il y a une certaine harmonie dans le gameplay. Cumulé aux effets des cartes qui se déclenchent après le placement de ces dernières, le jeu est plaisant et stratégique.

Plutôt rapide, le tour de jeu ne comporte que peu de temps morts. Il faut dire qu’on pose une seule carte par tour, on déclenche l’effet, on refait sa main et c’est au suivant. Bien sûr, la partie peut traîner un peu si vous avez le malheur de jouer avec des partenaires qui veulent absolument maîtriser et analyser tous les paramètres.

L’interaction entre les joueurs est plutôt limitée. Elle se situe surtout lors des placements de cartes. A ce stade, comme on essaie d’influer et d’interagir avec les autres bâtiments, c’est là que les échanges se font. Tout comme lors du déclenchement des différents effets qui peuvent bien évidemment modifier le jeu des autres architectes. Sinon, la réflexion s’installe autour de la table et on réfléchit à la meilleure stratégie possible. Seul.

On note encore une bonne rejouabilité du titre. Avec quelques cartes de base et les bâtiments additionnels, le jeu permet de mélanger les deck et de jouer dans de multiples configurations. Il y a vraiment de quoi faire dans le choix des cartes et il ne faut pas hésiter à varier les configurations d’une partie à l’autre. Ajouter un bâtiment, en retirer un autre. Dans ce sens, Architectura offre une élasticité propice à la rejouabilité.

Au final, on a aimé Architecura. Tout en étant conscient que s’il peut correspondre à certains types de joueurs, d’autres pourraient ne pas adhérer. A notre avis, mieux vaut y jouer à deux car le gameplay y est ainsi davantage maîtrisé. Il y a ce vrai côté défi, duel et le contrôle des différents bâtiments permet des parties plus stratégiques. A trois et quatre joueurs, c’est plutôt des sensations de petits chaos qui se dégagent mais ce n’est pas non plus désagréables. Il faut juste accepter de moins maîtriser son jeu. Mais la compétition est là et le système de comparaison des cartes, de rotation, des effets qui influencent le jeu… hmmm pas si mal ! Il y a véritablement de bonnes possibilités pour se lancer des défis.

Maintenant, à vous de forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
La fiche d’Architectura sur le site de Board Game Geek
Le site de l’éditeur Game Brewer

Rédacteur de l’article : Léo

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