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Joraku, par delà les collines… en route vers Kyoto !

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 401 vues 11 minutes de lecture

De la poussière. Tous les jours, de la poussière. Sur ces modestes chemins de terre qui se dessinent dans ces contrées vallonnées, le déplacement des troupes soulève de vrais nuages. Tous aux ordres des seigneurs de guerre. Et chacun témoigne d’une motivation sans faille. Les lames sont affûtées, les plastrons sont rutilants et les étendards portés haut dans le ciel. Pour l’Empereur ! Certains vont mourrir au combat. Mais tous se comporteront en héros. En soldats. Des frères d’arme qui forment ainsi la fierté du pays du soleil levant. En retour vers Kyoto…

Vous l’aurez compris, aujourd’hui on vous emmène avec nous au Japon. Et nous ne serons pas seuls. Toute l’équipe de Nuts Publishing, qui assure le portage du titre en français, nous accompagne. Un éditeur que les adeptes de wargames connaissent bien, mais qui depuis quelques années, diversifient aussi leur catalogue avec des titres « coups de cœur ». Et c’est ainsi, que Joraku entre dans leurs références et débarquent sur les étagères de nos crémiers préférés. Parce que oui, le jeu est d’ores et déjà disponible.

Au maniement du sabre, et donc aux commandes du titre, on retrouve Iori Tsukinami. Un auteur japonais qui n’est pas spécialement connu dans nos vertes contrées et qui publie avec Joraku, son quatrième jeu. L’opus, dont les parties sont accessibles à partir de douze ans, propose entre 30 et 60 minutes de jeu pour trois à quatre joueurs. Oui, ni plus ni moins même si cela peut paraître un peu sélectif.

Et pour se plonger immédiatement dans l’immersion, retournons à l’époque du Japon féodal. Avant la période Edo. Les Daimyo – les seigneurs de guerre – marchent avec leur armée en direction de Kyoto. Et justement, vous incarnez l’un de ces seigneurs en quête de précieux points de prestige. Sur trois périodes, les joueurs utiliseront leurs cartes pour déplacer les troupes et les Daimyo, afin de remporter des majorités sur la route menant vers la « Capitale de la Paix et de la Tranquillité ». Un jeu de plis et de contrôle de zones dont on vous parle immédiatement…

Pour l’Empereur !

Une partie de Joraku est composée de 3 périodes à la fin desquelles les joueurs gagneront des points de prestige selon le contrôle des sept régions du plateau.

Au début de chacune des périodes, les joueurs reçoivent 5 ou 6 cartes selon le nombre de joueurs. Puis, chaque joueur posera une carte correspondant à la couleur demandée par le premier joueur et en appliquera immédiatement l’effet, afin de recruter de nouvelles troupes ou gagner des points d’action pour bouger ou attaquer. Quand tous les joueurs auront joué une carte, ils vérifient qui a remporté le tour de pli, déclenchant ainsi un décompte de points selon le contrôle de la zone du Daimyo vainqueur.

Quand les joueurs n’ont plus de cartes en main, chaque zone donnera des points de prestige aux joueurs selon leur niveau de contrôle de chaque région, et selon la période en cours. Une fois les trois périodes terminées, le joueur avec le plus de prestige l’emporte.

Cela nous plis bien…

Joraku, c’est un petit format de boîte, estampillé Nuts Family, qui se retrouve pourtant bien rempli. A l’intérieur, quatre petits plateaux de jeu en carton (pour au final n’en former qu’un), 4 meeples en bois, une quarantaine de cubes en bois, un deck de 40 cartes et un livret de règles. Une production efficace avec de jolis meeples pour les Daimyo, des illustrations dans un sympathique style asiatique et un très beau plateau de jeu représentant la carte du Japon; en route pour Tokyo ! Le rapport qualité-prix se veut ainsi excellent et pour peu qu’on apprécie le thème de l’Empire du soleil levant, nous voici immédiatement mis dans l’ambiance.

En revanche, dès la première partie, on retrouve une thématique certes plaisante, mais tout de même un peu plaquée au gameplay. Cela aurait très bien pu être une course de pingouins ou un jeu militaire se déroulant au début du 23ème siècle. Bon, il faut néanmoins reconnaître que ce n’est pas toujours simple de faire correspondre thème et mécanismes, et surtout sur un jeu de plis ! La critique est facile mais l’art est difficile. Dans le cas présent, on ne relèvera pas cela comme un argument pouvant valoriser les mécanismes mais pas non plus au point de desservir le jeu; l’honneur est sauf nous diriez-vous… À vous simplement de vous poser la question si le thème peut vous correspondre et à l’imaginer lors de vos actions en cours de jeu.

Le livret des règles est un petit feuillet qui propose des informations claires et qui est plutôt vite lu. Mais aussi vite assimilé ! Ainsi, après une rapide mise en place des composants du jeu, les trois ou quatre joueurs peuvent immédiatement se lancer  dans la partie. Et après seulement quelques tours de jeu, on comprend bien les mécanismes qui devront être mis en place. Le gameplay dévoile immédiatement sa finalité et nous montre où le titre va nous emmener pour parvenir à la victoire. Ce qui est plutôt plaisant, surtout quand on découvre le jeu.

Dans Joraku, les mécanismes se décomposent principalement en deux parties. Une première qui consiste en une phase de « plis ». Mais de manière plutôt légère et brève car il n’y a qu’une seule carte à jouer à la fois. Ainsi, la gestion de main se veut essentielle et elle déterminera clairement notre capacité à pouvoir jouer de manière stratégique ou à contrario, à subir la partie ! Car oui, les erreurs se paient cash dans Joraku. Et la deuxième phase consiste principalement en du placement/déplacement sur le petit plateau central. Là, on retrouve ensuite un mécanisme de majorité et de contrôle de zones. L’anticipation est cruciale dans Joraku et il ne faut pas hésiter à planifier (ou du moins essayer) plusieurs tours à l’avance; que cela soit au niveau de l’utilisation des cartes ou même du placement de ses unités. En revanche, il peut arriver qu’on ait pas le choix que de subir un ou plusieurs tours de jeu. En effet, chaque joueur reste dépendant du tirage des cartes et malgré toute la bonne volonté du monde, parfois vous ne pourrez pas tirer votre épingle du jeu. D’où l’importance de maximiser chaque action que vous effectuez. Mais au final, force est de constater que le mélange de ces différents mécanismes fonctionne plutôt bien avec des parties très vives et tendues.

On vous le disait, Joraku demeure un opus vif. Et cette vivacité se ressent également au niveau de son tour de jeu. Les premières étapes sont effectuées pratiquement de manière simultanée entre les joueurs. Et la deuxième phase du tour de jeu va permettre à chacun de se déplacer, plutôt rapidement, sur le plateau de jeu. Ainsi, on ne reste jamais oisif dans Joraku et il y a souvent quelque chose à faire. Sans oublier aussi que la piste de score évolue constamment pendant le tour de jeu.

En terme de rejouabilite, le tirage aléatoire des cartes va forcément modeler de manière unique les différentes parties. Parfois à l’avantage d’un joueur, parfois de manière égale entre chacun… Mais dans tous les cas, on se retrouve avec des configurations de jeu bien différentes, malgré le fait que les actions liées au gameplay se répètent d’un tour à l’autre. Saurez-vous vous adapter et vous réadapter à la configuration du jeu ? Joraku propose aussi des cartes de variantes qui permettent d’excellentes alternatives à la règle de base. Il ne faut surtout pas hésiter à les utiliser pour varier les plaisirs ! Si si c’est possible, même au Japon et en temps de guerre !

Un mot encore sur l’interaction liée au jeu. Dès le début de la partie, on se rend bien compte que l’opus dispose vraiment de quoi contribuer aux échanges. Lors de l’utilisation des cartes, les discussions sont légion puis on s’affronte et on n’hésite pas à commenter le résultat. Mais ce n’est pas tout. L’affrontement continue ensuite sur le plateau de jeu où les territoires se retrouvent très disputés. A aucun moment on ne joue dans son coin et Joraku reste un très bon melting pot d’échanges et d’interactivité entre les joueurs.

Au final, on a apprécié un jeu bien produit, et visuellement alléchant. Le thème manque certes un peu de concordance avec le gameplay mais cela n’empêche absolument pas d’y trouver son plaisir ludique. Et c’est d’ailleurs un des seul petits reproches qu’on pourrait formuler. La prise en main aisée nous lance rapidement dans une partie et le jeu peut alors révéler son potentiel stratégique. Et lorsqu’on dispose d’un certain ascendant sur les autres joueurs, mieux vaut en profiter et maximiser ses actions. Car parfois, on reste tributaire de la chance et les avantages rapidement acquis peuvent très vite fondre comme neige au soleil. Joraku ne manque donc pas de rebondissements et une partie donne vite envie d’en refaire une autre. Bien entendu, il faut apprécier les mécanismes de jeu de plis et de majorités et garder à l’esprit que l’opus est avant tout un jeu dans lequel on s’amuse entre petits et grands.

Un titre donc bien sympathique et plaisant qui prend toute sa place dans la nouvelle gamme « Family » de l’éditeur Nuts! De quoi passer un excellent moment, même s’il ne faut pas oublier qu’en cette période tourmentée au pays du soleil levant, un chef de guerre ou même un Ninja peut sommeiller en chacun de nous…

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La fiche du jeu sur le site Board Game Geek
Un Open Ze Bouate en vidéo par les copains de Philibert
Le site de l’éditeur Nuts Publishing

Rédacteur de l’article : Léo

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