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Queendomino, derrière chaque grand roi se cache une reine

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 653 vues 12 minutes de lecture

Comme tout bon conte de fées qui se respecte, quand le roi retrouve sa reine, le dragon et les chevaliers ne sont jamais bien loin. Et qu’est ce que c’est bon de pouvoir contempler son royaume composé de lacs, champs de blé, forêts, et autres villes, n’est ce pas ? Ce qui est sûr, c’est qu’être roi n’est pas de tout repos. Après avoir conquis le Spiel des Jahres 2017, excusez-nous du peu, le King Cathala nous ouvre les portes vers un nouveau challenge. Nous devons dorénavant nous pencher sur la construction de nouveaux bâtiments afin de faire plaisir à sa reine et de marquer des points et des points et encore plus de points !

L’ensemble du matériel de jeu

Queendomino – édité chez Blue Orange – est, comme vous le devinez ou presque, un spin-off du célèbre jeu Kingdomino créé par le même auteur, qui n’est autre que Bruno Cathala et que l’on ne présente plus tellement son CV vaut son pesant de cacahuètes (7 Wonders Duel, Mr Jack, Les chevaliers de la table ronde, Five Tribes, Abyss etc…). Et pour ce deuxième opus, le jeu est à nouveau illustré par Cyril Bouquet. Il est important de souligner qu’il est possible de le jouer en standalone (donc sans avoir besoin de son prédécesseur Kingdomino) ou de combiner les deux jeux comme étant une extension.

Sorti en octobre 2017, pour un temps de jeu allant d’environ 15 à 30 minutes et pour 2 à 4 joueurs (6/8 si combiné avec Kingdomino). Le jeu se voit jouir de la notoriété de son grand frère Kingdomino, mais étant doté d’un cran de difficulté au-dessus, ce qui ravira certainement les joueurs les plus exigeants ayant trouvé Kingdomino trop « simple » ou pas assez « expert ».

En effet, le jeu garde le même mécanisme que Kingdomino, mais apporte son lot de complexité supplémentaire qui va rendre vos parties plus stratégiques avec notamment un nouveau paysage « ville ». Ce dernier donnera la possibilité de construire des bâtiments, recruter des chevaliers et obtenir des tours qui serviront notamment à recevoir les faveurs de la reine.

Kingdomino 2.0

Le système de sélection des dominos ainsi que le système de connexion des dominos sur son plateau restent strictement identiques à Kingdomino, dont voici une petite piqûre de rappel des règles de base.

Les tuiles à récupérer

Chaque joueur récupère une tuile centrale et un mini château qui constitue sa tuile de départ. On lance par la suite une phase de pioche de 4 dominos, numérotés sur le verso qui seront posés en colonne dans l’ordre croissant.

À tour de rôle, chaque joueur place son meeple de sa couleur respective sur le domino souhaité en respectant la règle suivante : une seule pose de meeple par domino. Cette phase sera cruciale pour déterminer l’ordre du tour suivant. Avant de pouvoir récupérer le domino choisi, il faut répéter la phase de pioche de domino et poser à nouveau les dominos en colonne dans l’ordre croissant comme lors de la phase précédente. En commençant par le joueur ayant placé son meeple le plus haut sur la colonne de domino, ce dernier va déplacer son meeple vers un nouveau domino disponible tout en récupérant le domino que son meeple occupait jusque-là. Le domino ainsi récupéré devra immédiatement être placé pour former son royaume (il devra le placer obligatoirement autour de sa tuile de départ lors du premier tour de jeu).

Et, le but du jeu ? Pour pouvoir remporter la partie, il faudra dans un premier temps, réussir à bâtir un royaume de domino de 5×5 si on joue de 3 à 4 joueurs ou de 7×7 si on joue à 2 joueurs, tout en respectant la règle de pose des dominos sur son plateau. En effet, il faut impérativement que le domino que nous souhaitons connecter à un autre domino partage 1 paysage du même type. Toutefois, la tuile de départ est considérée comme un joker, donc n’importe quel type de paysage peut lui être connecté.

Exemple de décompte des points

Le grand vainqueur sera celui qui marquera le plus de point de victoire en fin de partie et en fonction de la taille de vos différents domaines et du nombre de symboles « couronnes » présents dans chacun de vos domaines.

Petit exemple de décompte de point sur l’illustration ci-contre. À noter que la tuile de départ ne sera pas comptée malgré qu’elle soit considérée comme un joker tout terrain.

Messire, quelles sont les nouveautés alors ?

Bienvenu dans notre jolie ville…

La première nouveauté est le paysage de type « ville » (des paysages avec un fond rouge) qui contrairement aux autres paysages ne possède aucune « couronne » imprimée dessus, ce qui veut dire que si nous ne faisons rien avec ces villes, elles ne rapportent pas de point ! Ce qui nous amène à la deuxième nouveauté qui consiste à mettre à disposition des tuiles bâtiments que chaque joueur va pouvoir acheter afin de les placer sur les paysages villes. Seuls les emplacements ville peuvent accueillir ces tuiles bâtiments.

Chaque tuile de bâtiment a une façon différente de marquer des points de victoire, ceci aura une grande influence sur la stratégie de construction de son royaume. Certaines tuiles de bâtiments vont nous rapporter des chevaliers et des tours en bois que nous allons pouvoir placer sur notre royaume afin d’acquérir quelques bonus de jeu. Et quand nous parlons de bonus de jeu, nous parlons de point de victoire pardi ! Le chevalier en question sera utile pour gagner de l’argent en le plaçant sur une case d’un domaine de notre choix dans notre royaume. Pour chaque tuile que comporte ce domaine, le joueur recevra 1 pièce d’argent. Ce qui veut dire que plus le domaine choisi sera grand plus de pièces nous allons pouvoir nous mettre dans la poche.

Nous allons aussi pouvoir acquérir des tours en bois qui permettront au joueur en possédant le plus sur son plateau de récupérer la reine. Et celui qui possède la reine pourra diminuer le coût des bâtiments de 1 pièce d’argent. Posséder la reine a une double fonction car elle permettra également de remporter en fin de partie un bonus de point supplémentaire puisque cette dernière comptera pour une couronne de plus dans le domaine le plus grand que le joueur possède.

La dernière nouveauté est un petit dragon qui pourra être utilisé par les joueurs afin de détruire un bâtiment disponible sur la piste des bâtiments à construire. Il faudra dépenser la bagatelle de 5 pièces d’argent pour utiliser le dragon. Le but étant d’empêcher un autre joueur d’acquérir un bâtiment qui lui serait trop favorable.

Attention, car le nombre de bâtiments disponibles est limité. Seulement 6 tuiles de bâtiments seront disponibles sur une piste de construction nommée « bâtisseur » et pour couronner le tout, les prix de ces tuiles augmentent en fonction de leur positionnement sur la piste. La première sera par exemple toujours disponible gratuitement et le prix des autres tuiles augmentera de 1 pièce d’argent par emplacement (la dernière tuile disponible se paie au prix fort de 5 pièces).

La possibilité de jouer Queendomino comme extension avec le Kingdomino nous offre une possibilité de jeu intéressante, car elle permet de pouvoir jouer jusqu’à 8 joueurs si nous formons 4 équipes de 2 joueurs, ce qui veut dire que chaque duo devra construire un seul et même royaume de 7×7. Elle permet également de jouer à 6 joueurs avec un royaume de 5×5 ou à 4 joueurs avec un royaume de 7×7. En fusionnant les 2 jeux, le mécanisme de jeu reste le même à l’exception qu’il faudra former 2 piles distinctes des dominos provenant respectivement de Kingdomino et Queendomino. Lors de la phase de pioche des dominos, nous devrons alterner entre les 2 piles. Ce qui veut dire que nous utiliserons une fois la pile de Kingdomino, la fois suivante la pile de Queendomino et ainsi de suite jusqu’à épuisement des piles.

Au service de sa Majesté

Kingdomino et Queendomino

Petit détail graphique sympathique sur la boite Queendomino qui une fois posée à côté du Kingdomino forme un seul et même paysage histoire de dire à quel point les 2 jeux sont complémentaires et que Queendomino reste tout de même un jeu avec un cran de difficulté au-dessus (ce qui explique la boîte plus grande). Cyril Bouquet, l’illustrateur des deux opus a su conserver son pinceau pour doter Queendomino d’illustrations de qualité. Des décors colorés qui rendront le jeu visuellement encore plus beau une fois son royaume construit.

Au diable les tablettes, les applications smartphone et toutes cette technologie qui nous envahissent jour après jour. Nous avons ici des jetons, des tuiles et du « kubenbois », comme quoi il ne faut pas perdre de vue le matériel de base qui fera le plus grand bonheur des joueurs les plus exigeants. Un livret de score indispensable est fourni pour le décompte de points. Un matériel simple et efficace qui se range parfaitement dans le thermoformage présent dans la boîte de jeu.

La règle

Les règles tiennent sur 8 pages avec de bonnes illustrations utilisées comme support d’explication qui rendent la lecture agréable et surtout très accessible. Les règles sont disponibles en plusieurs langues, c’est une tendance qui mérite tout de même d’être soulignée, car cela permet de rendre le jeu accessible à un public encore plus large. Vu l’absence de texte sur le jeu en soit, cela à le mérite également d’effacer toutes frontières linguistiques, puisqu’une fois la règle en poche, pas besoin de lire dans une partie de Queendomino, une partie de Queendomino ça se joue et peu importe contre qui !

Si vous avez aimé Kingdomino, alors vous avez de grande chance d’adorer Queendomino, car tout le plaisir reste intact avec une dose de stratégie supplémentaire qui rendra vos parties encore plus disputées. La prise en main reste simple, mais le choix, contraint ou non, de vos dominos et/ou de vos tuiles bâtiments changeront considérablement votre stratégie après chaque partie effectuée. En effet, les tuiles bâtiments vont nettement influencer votre façon de construire votre royaume, car la façon de marquer des points sur ces tuiles va orienter votre stratégie d’une manière ou d’une autre.

L’interaction entre joueurs est tout de même présente, mais de manière passive, car nous ne pouvons guère intervenir sur le royaume de l’adversaire, mais nous pouvons lui mettre des bâtons dans les roues en utilisant le dragon qui se fera un malin plaisir de détruire des tuiles intéressantes pour nos concurrents.

La rejouabilité de Queendomino est grande en partie par la pose aléatoire des dominos, mais surtout grâce à cette nouvelle richesse stratégique qui s’ouvre à nous. Dans tous les cas, soyez malin, soyez opportuniste, et soyez la Daenerys du Queendomino à certains moments, faites appel au dragon. Si ca ce n’est pas de la belle reine qui en jette ! En gros, soyez sournois.

Queendomino se joue fort bien à deux joueurs et la règle reste inchangée à quelques détails près. Le premier est la taille du royaume qui sera du 7×7 obligatoirement. Et le dernier détail est que chaque joueur aura 2 meeples par tour à poser sur les dominos disponibles lors de la phase de pioche. Donc, chaque joueur pourra poser 2 dominos par tour de jeu.

Certes, c’est un jeu qui reprend le succès de son prédécesseur, mais en mieux ! Certains diront que c’est presque un tirage gagnant assuré et c’est trop facile, voire même de la triche ! Mais un roi peut faire ce que bon lui semble non ? Quoi qu’il en soit, Queendomino est un jeu familial qui se distingue grâce aux nouveautés apportées par Bruno Cathala et qui selon nous, gagnera largement sa place dans le cœur d’un public des plus exigeants. En ce qui nous concerne, nous l’avons adopté et nous ne l’échangerons pour rien au monde, ah non ! Même pas pour une galette des rois.

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

Les règles du jeu en français
Des infos du jeu sur le site de l’auteur, Bruno Cathala
Le site de l’éditeur Blue Orange

Rédacteur de l’article : Eric

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