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Kiwara, réveillez votre instinct animal !

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 504 vues 10 minutes de lecture

Histoire de se mettre correctement dans l’ambiance, imaginez une brise chaude. Le son de l’harmonica apporte un parfum de Far West alors que nous sommes pourtant dans la savane. Pas un mot, pas un bruit, ou si peu. Un rapace fait néanmoins des ronds dans le ciel, juste au-dessus d’un bosquet presque complètement brûlé par le soleil. Et là, juste au milieu de ces brindilles desséchées, un œil rond fixe ce qui pourrait bien être une proie. L’œil ne cligne pas. Le regard semble comme totalement absorbé et les babines en salivent déjà. Un lion est tapi à quelques centimètres du sol, prêt à bondir. Devant lui, un zèbre déguste paisiblement quelques herbettes. Et puis, le moment tant attendu est arrivé. Le félin déplie alors ses pattes avant. Il ouvre grand la gueule et instinctivement ses oreilles se dressent vers l’arrière. Mais le zèbre l’a aperçu ! Et avec de la verdure encore entre les dents, ce pyjama sur pattes s’adresse directement au Roi de la jungle.
– Heuuu… Malcolm ! Malcolm ? Non, on avait dit un régime sans viande ! Tu t’en souviens ?
Mais c’est plus fort que lui, Florian le lion bondit sans réfléchir une seconde !
– Malcoooooooooooooolmmeuuuu !

Alors non, l’histoire ne dit pas qui du lion ou du zèbre aura suivi à la lettre son programme Weight Watchers. Mais finalement on n’est pas là pour cela. Nous on préfère vous parler de Kiwara (la « savane » en langue swahili), le dernier jeu d’Ôz Éditions. Le dernier, mais aussi le premier ! Enfin non, le deuxième mais qui arrive finalement en premier et qui reste donc forcément le dernier. Vous nous suivez ? Bon, Kiwara n’est autre que la réédition du jeu « Drôles de Zèbres », un jeu signé Bruno Cathala. Et cette réédition a été voulue par l’éditeur juste après avoir financé Tiki sur Kickstarter. Un jeu de Nicolas Sato (oui, l’éditeur sait s’entourer de gens talentueux). Mais finalement, Kiwara arrive en avance sur Tiki et devient donc le premier titre publié chez Ôz. Rassurez-vous, l’éditeur derrière cette nouvelle structure n’en est pas à son premier jeu et on peut déjà vous dire que la qualité et le savoir-faire sont bien au rendez-vous.

Alors forcément on ne peut pas manquer l’occasion de vous en parler. Et surtout que nous avons reçu avant tout le monde un exemplaire de Kiwara. Une petite boîte pour deux joueurs qui reprend la règle originale de « Drôles de Zèbres ». Revu par Bruno Cathala, l’opus est accessible dès huit ans pour des parties stratégiques d’environ trente minutes. Aux pinceaux, Ôz Editions a jeté son dévolu sur Franck Drevon qui fait merveille de son talent d’illustrateur.

Dans Kiwara, deux bandes rivales d’animaux se disputent pour la conquête des territoires les plus attractifs de la savane. Chaque joueur contrôlera une fière équipe et devra obtenir des majorités après avoir posé ses différents animaux. Le joueur qui marquera le plus de points de victoire grâce aux animaux de son équipe, remportera la partie. Prêt à devenir le roi de la savane ? En premier, c’est bien la règle du jeu qu’il vous faudra maîtriser…

Affrontez-vous comme des bêtes !

Dans Kiwara, à vous les grands espaces de la savane, la tranquillité et la liberté ! …Ou pas ! Apparemment paisible, vous voilà au cœur d’un terrain de jeu sur lequel deux bandes rivales se livrent une lutte sans merci. Chaque joueur va donc contrôler une petite équipe d’animaux. Chacun dispose de 5 gazelles, 5 zèbres, 2 crocodiles, 1 éléphant et forcément… 1 lion ! Tous les types d’animaux disposent d’une valeur allant de 0 à 6. Le but du jeu sera d’être majoritaire sur le plus de territoires possibles afin d’accumuler des points de victoire. Et si vous êtes majoritaire, non seulement vous marquerez les points de victoire de vos animaux présents, mais aussi de ceux de votre adversaire.

A votre tour, vous devrez effectuer deux actions. Poser un animal sur le plateau de jeu puis faire avancer le totem.

Comme première action, vous devez donc poser un de vos jetons animal. Ce jeton doit être posé sur une case vide de la rangée faisant face au totem. Au moment où un animal est posé, son éventuel effet est alors déclenché. Par exemple, un lion placé à côté d’une gazelle la fait fuir (le jeton retourne à son propriétaire). Un lion placé à côté d’un zèbre fait se retourner le pion zèbre. Un crocodile bordant une rivière et placé à côté d’une gazelle peut intervertir leurs places. Etc…

La deuxième action obligatoire consiste à déplacer le totem qui se trouve en périphérie du plateau. Vous l’aurez compris, ce totem définit la rangée dans laquelle votre adversaire devra jouer au prochain tour. Cette deuxième action vous oblige donc à déplacer le totem de une à trois cases dans le sens horaire des aiguilles d’une montre.

Une fois ces deux actions terminées, votre tour prend fin et c’est à votre adversaire de procéder de la même manière.

En outre, en cours de partie, le joueur qui aura été le plus rapide à occuper totalement un territoire, pourra alors s’emparer d’une carte de renfort. Cette carte pourra être utilisée une seule fois durant le jeu et offrira un effet spécifique.

La partie se termine lorsque toutes les cases du plateau de jeu sont occupées. Les joueurs procèdent alors au décompte des points pour déterminer le gagnant.

A noter que nous n’évoquons volontairement pas les différentes variantes du jeu. Référez-vous à la règle du jeu pour plus d’informations.

Un totem qui tourne comme un lion en cage

Un léger côté cartoon et des illustrations colorées. Mais Kiwara ? C’est bel et bien le dernier jeu de Bruno Cathala, magnifiquement mis en couleur par Franck Drevon. A l’intérieur de cette sympathique boîte toilée, des composants produits avec soin. Un plateau de jeu recto-verso, une série de tokens, un totem 3D en carton, des bâtonnets en bois, quelques cartes et deux règles du jeu français/anglais. Une production qui ne laisse place à aucun commentaire. Ou alors si, juste un seul. Au top !

Un ropaquet de zanimôôoo !

Un petit livret bien rédigé tient le rôle de règle du jeu. Illustrées et aérées, cinq pages permettent de prendre rapidement et facilement le jeu en main. Le document comporte également des exemples, des variantes pour prolonger l’expérience de jeu et une FAQ. Tsavo le détour ! Oups, désolé pour le jeu de mots, mais pris dans l’ambiance on s’est laissé emporter… En quelques minutes, la règle est donc assimilée. Mais si le jeu n’est pas compliqué à appréhender, il n’en sera pas moins évident à maîtriser. C’est avec une courbe d’apprentissage que vous aborderez Kiwara.

Rapidement mis en place, les deux joueurs pourront débuter la partie en quelques dizaines de secondes. Et dès les premières actions, on comprend immédiatement que Kiwara est un titre stratégique. Le jeu permet rapidement de comprendre la finalité de la partie et la réflexion s’invite indubitablement au cœur de la mécanique. Les placements y sont ainsi stratégiques tout comme les majorités qu’il y a lieu d’obtenir. Les joueurs devront en outre déclencher les pouvoirs (des animaux et ceux des éventuelles cartes) au bon moment. Mais même si Kiwara se pratique tout en finesse, il ne s’agit pas d’un jeu dans lequel chacun a besoin de réfléchir de longues minutes pour espérer jouer le « coup parfait ». Non, loin de là. Il subsiste une agréable fluidité dans l’enchaînement des actions. Et le côté plutôt amusant des animaux apporte la petite touche de fraîcheur à l’ensemble du titre.

En termes de rejouabilité, aucune partie ne devrait se ressembler. Entre les positionnements aléatoires, les différents effets des cartes, les variantes et le terrain de jeu personnalisable, la diversité est plutôt impressionnante. Et justement, puisqu’on évoque le terrain de jeu… Kiwara offre au verso de son plateau, une version sans aucune rivière. C’est là qu’entrent en jeu les petits bâtonnets bleus qui permettent de personnaliser la carte. Astucieux et vraiment malin, on a beaucoup aimé cette façon amusante de jouer différemment.

Le verso du plateau, à personnaliser

Vous l’aurez donc compris, les sensations de jeu ont été très positives. Même à l’ombre d’un pin parasol, aucune somnolence ; pire encore, on a plutôt eu envie d’enchaîner les parties ! Et là, c’est plutôt bon signe ! On ne saurait vous dire si à tous les coups « savane » autour de la table, mais le jeu a été pour nous un très bon moment ludique.

Nous souhaitions encore évoquer une petite particularité de l’opus, si vous y jouez par exemple avec votre enfant ou avec un joueur débutant/moins expérimenté. Un adulte ou un joueur habitué sera alors clairement avantagé. Pour cette raison, la règle vous propose de rééquilibrer les forces, en donnant au joueur plus faible, une ou deux cartes de renfort dès le début de la partie. Tout le reste du jeu se déroule normalement. Vous pourrez y voir une simple anecdote, mais l’idée est pour nous vraiment excellente ! Jouer de manière équitable avec un jeune ludiste découvrant le monde du jeu ou avec un coéquipier débutant, est une riche idée ! On applaudit des deux mains l’éditeur et l’auteur du jeux qui ont mis en oeuvre cette variante.

A noter que Kiwara sera présenté en avant-première, dans sa version finale, lors du Festival International des Jeux de Cannes – FIJ 2018. Sur le stand (13.03) de son éditeur, Ôz Edition. Quant à la commercialisation dans toutes les bonnes boutiques, elle est prévue pour début mars 2018.

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
La fiche de Kiwara sur BGG
Le site de l’éditeur Ôz Editions

Rédacteur de l’article : Léo

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