Articles

Vikings Gone Wild, devenez une grosse brute !


La boîte du jeu

Très loin au Nord, là où on raconte que la Terre ne serait qu’un néant de glaces, de robustes guerriers affûtent les lames de leurs haches. Barbes hirsutes, regard vitreux et canines jaunâtres, les hommes sont sur le qui-vive, au moindre signe de leur chef de clan, ils partiront à l’affrontement. Eux qui ne vivent que pour cela, ils ont hâte ! Depuis des centaines d’années, les villages de la région se livrent une lutte sans merci. Les grosses brutes tentent de rivaliser contre les archers Elfes, les mages combattent les morts-vivants et les Dieux utilisent leurs pouvoirs magiques contre les assassins. Même les cochonators se doivent d’utiliser des armes redoutables comme des tours à poulet ou des mortiers à moutons ! Comme la guerre coûte cher et qu’elle devient de plus en plus intense, les mines d’or et les brasseries fonctionnent à plein régime dans ces contrées tourmentées. Les guerres de clans ne sont pas prêtes de s’apaiser et la rumeur raconte que certains villages se doteraient de nouvelles « extensions » avec des unités volantes et même d’incroyables sorts. Espérons qu’ils ne seront pas frappés par Ragnarök, la fin du monde !

Dans Vikings Gone Wild, le « grand manitou » ce sera vous ! Vous combattrez les autres clans, vous dirigerez vos unités, vous ferez prospérer votre village et vous gérerez vos ressources. Mais avant de nous lancer dans l’explication, on vous détaille quelque peu le contexte.

Il n’y a pas que le jeu qui est bestial !

Vikings Gone Wild est un jeu de plateau, un deckbuilding, signé Lucky Duck Games, et une fois n’est pas coutume, un opus inspiré d’un jeu vidéo. Comme la licence semblait porteuse, les concepteurs ont décidé de prolonger l’aventure avec une transposition sur plateau. Et ce projet a donc connu un financement participatif sur Kickstarter qui a rassemblé plus de 230’000€ en juin 2016. Cette petite réussite est signée Vincent et Julien Vergonjeanne, les deux « frangins » auteurs du jeu. Grâce à eux et à ce joli financement, les backers ont permis de débloquer 113 Stretch Goals dont des figurines et surtout 108 cartes supplémentaires exclusives à la campagne. Et comme le projet a été admirablement bien préparé, Lucky Duck Games avait déjà dans sa manche deux extensions, « Guild Wars » et « It’s a king of Magic » qui rajoutent à elles deux, 220 cartes. Et on doit encore vous parler du matériel supplémentaire prévu pour un cinquième joueur ainsi que « Ragnarök » le mode solitaire ou coopératif. Au final, pour ceux qui ont eu fin nez et qui ont participé au financement de Vikings Gone Wild, l’ensemble du matériel s’est vu doté de plus de 660 cartes, sans compter tout le reste du matériel. Plutôt fabuleux si on tient compte des perspectives en matière de renouvellement des parties.

Les extensions de Vikings Gone Wild

Mais rassurez-vous, le jeu et toutes ses extensions seront bien entendu disponibles dans le commerce, grâce aux bons soins du distributeur Atalia, qui nous prouve une nouvelle fois qu’ils savent eux aussi flairer les bons jeux.

Un savant mélange entre deckbuilding et développement

Dans Vikings Gone Wild, vous allez donc tenter de rivaliser avec les autres chefs de clans pour remporter des points de victoire et ainsi prouver à vos Dieux que vous êtes le meilleur ! Pour remporter des points de victoire, vous devrez attaquer les autres joueurs, réussir à défendre votre village, faire évoluer votre hôtel de ville, accomplir des missions mais aussi vous emparer de points bonus qui ne seront attribués qu’en fin de partie.

Vous débutez très modestement une partie de Vikings Gone Wild avec un hôtel de ville de niveau 1, quelques pintes de bière, un peu d’or et deux guerriers vikings.

Le tour de jeu est divisé en cinq phases. La première consiste à faire produire les bâtiments dont vous disposez dans votre village. Les mines d’or produiront de l’or et les brasseries de la bière. L’or et la bière sont les ressources principales du jeu et ces dernières vous permettront d’effectuer toutes vos acquisitions durant la partie. La deuxième phase vous oblige à piocher cinq cartes dans votre deck et constitueront votre main pour ce tour.

Un partie de Vikings Gone Wild

Vient ensuite la phase des joueurs qui vous permet d’effectuer six actions à choix. Chaque chef de clan peut effectuer autant d’actions qu’il le souhaite et dans l’ordre de son choix. Quand il ne veut plus ou qu’il ne peut plus effectuer d’actions, il passe son tour. La première action possible est l’achat de cartes « unité », « défense » ou « voie d’Odin ». Pour acheter une carte, le joueur se défausse des ressources nécessaires à cette acquisition. Les cartes unité permettent d’attaquer, les cartes défense de défendre votre village et les cartes de la voie d’Odin regroupent tout un melting-pot d’actions en passant de l’attaque de morts-vivants à la découverte de coffres aux trésors. On ne vous en dit pas plus, on vous laissera le plaisir de le découvrir par vous-même. La deuxième action vous permet de construire un bâtiment en achetant une carte et en la plaçant dans votre village. La troisième action fera évoluer votre hôtel de ville. Moyennant la dépense de certaines ressources, vous pourrez faire évoluer votre hôtel de ville vers les niveaux 2 et 3. Faire évoluer son hôtel de ville permet d’augmenter le nombre de bâtiments dans son village jusqu’à pouvoir en construire de manière illimitée. La quatrième action consiste à attaquer vos adversaires par le biais des cartes que vous possédez en main. Pour attaquer un adversaire, il faut que votre valeur d’attaque soit égale ou supérieure à la valeur de défense du bâtiment que vous prenez pour cible. Vous marquez des points de victoire si une attaque est réussie et, à contrario, votre adversaire en remporte s’il parvient à défendre ses bâtiments au moyen de ses cartes de défense. Quand une attaque est réussie, le bâtiment en question n’est jamais détruit et il peut toujours être utilisé par son propriétaire. L’avant-dernière action est le fait d’accomplir une mission. Chaque joueur dispose en permanence de deux cartes mission et n’importe quand durant son tour, il peut accomplir une mission. Si les conditions sont remplies, il l’annonce et empoche les points de victoires mentionnés sur la carte. La dernière action possible permettra d’échanger des ressources. Deux bières contre un or, deux or contre une bière et un or contre une carte mission à échanger.

Quand la phase des joueurs est terminée et que tous les deux ne peuvent plus jouer leurs cartes ou qu’ils désirent « passer », on débute la phase de stockage. La phase de stockage permet, comme son nom l’indique, de stocker pour un prochain tour les ressources produites qui n’auraient pas été utilisées. Vient finalement la phase de fin de tour, qui consistera à passer le pion « premier joueur » au chef de clan suivant, de défausser la dernière carte de la rivière d’Odin et éventuellement de retirer les jetons placés sur les cartes bâtiment de votre village. Et surtout, toutes les cartes en main qui n’auraient pas été utilisées sont défaussées. On vérifie encore bien que tous les points de victoire ont été inscrits, puis, un nouveau tour de jeu peut commencer.

Le dernier tour se déclenche quand un joueur atteint 40 points de victoire (à 2 joueurs) ou 30 points de victoire (à plus de 2 joueurs). Tous les joueurs terminent leur dernier tour puis on attribue les points de fin de partie. En effet, au début du jeu lors de la mise en place, quatre cartes « Points Bonnus » sont révélées face visible. Chaque carte permet de s’emparer de 6 points supplémentaires en fonction des conditions requises. Il y a par exemple, le joueur qui possède le plus de bières en stock, celui qui dispose du plus de « cochonators » ou même celui qui a accompli le plus de missions. Autant dire que cette dernière étape peut rapidement changer le classement final pour autant que les chefs de clan se soient livrés à des batailles très « serrées ».

Un jeu où la bière coule à flots…

On préfère vous le dire tout de suite, Vikings Gone Wild a été notre belle surprise de ce début d’année et un jeu qui ne nous a pas laissé indifférent. La thématique des vikings n’est pas une première dans le monde du jeu de société mais elle est abordée avec beaucoup de légèreté et une part de fantaisie que nous apprécions beaucoup. Que c’est drôle de jouer avec des tours à poulets, des mortiers à moutons, des cochonators ou même des vaches piégées. Et si vous disposez des cartes exclusives Kickstarter, alors là, autant dire que les auteurs se sont lâchés. De l’or maudit, des nuées de poulets, un Grand Ancien, un Maître des tortues, bref tout y passe, pour notre plus grand plaisir.

Au niveau du matériel de jeu, on se retrouve premièrement avec une jolie boîte comportant un vernis sélectif. Une fois ouverte, on s’extasie devant les visuels du matériel de jeu. Cela est certes très subjectif, mais chez Jeudéclick, on a particulièrement apprécié les illustrations de Mateusz Komada, Radek Balkowski et Ryszard Lembas. Dans un univers à mi-chemin entre le cartoon et le jeu vidéo, les illustrateurs ont su donner beaucoup de punch aux graphismes avec des tons très vifs et captivants. De jolis meeples pour représenter les tonneaux de bière et les lingots d’or, des tokens dans un carton bien épais et forcément les fameuses cartes de jeu. Le seul petit bémol que nous pourrions faire à Vikings Gone Wild est le grammage des cartes que nous aurions imaginé un peu plus fort. Mais finalement, comme beaucoup risquent de sleever leurs cartes (et on vous le conseille vivement car durant une partie on manipule beaucoup le matériel) ce n’est pas si grave. Et puis, si là est le seul reproche, ce n’est pas grand chose, vous en conviendrez. Et finalement, tout ce matériel vient rangé dans un thermoformage solide, qui, excusez du peu, pourra même accueillir les cartes sleevées. Le genre de petit détail que l’on apprécie énormément.

Mieux vaut ne pas s’y approcher…

La prise en main de Vikings Gone Wild s’avère particulièrement simple car la règle détaille correctement le fonctionnement et les différentes étapes des tours de jeu. Rien de compliqué, on produit des ressources, on les stocke, on achète des cartes et on se développe. On nous annonce un jeu dès 14 ans et plus (les habitués comprendront pourquoi) mais dès 10 ans, le jeu s’avère largement accessible.

Une fois la prise en main effectuée, les joueurs pourront se livrer une lutte acharnée. Mais il conviendra alors de trouver le juste milieu entre les attaques à effectuer, les ressources à collecter, son village à faire évoluer et les missions qui rapporteront quand même des points de victoire. Beaucoup de stratégies différentes à mettre en place et ne pas perdre de vue que les 24 points à attribuer en fin de partie pourront clairement changer le score final. On note également une belle profondeur de jeu car certains effets permettent de garder jusqu’à trois cartes en main d’un tour à l’autre. Les chefs de clan peuvent donc prévoir certaines actions en fonction des cartes qui seront disponibles dans leur pioche. Ajouter à cela des combots possibles entre certaines cartes permettant d’en piocher d’autres ou de cumuler certains effets, par exemple lors d’une attaque. Vikings Gone Wild offre donc une belle richesse de jeu.

Et puisque l’on évoque la richesse de jeu, parlons aussi des extensions. Promis, Jeudéclick n’est nullement à la solde de Lucky Duck, mais s’il y a bien un jeu qui mérite que l’on acquiert ses extensions, c’est bien celui-ci ! Avec Guild Wars, non seulement le jeu s’enrichit de nouvelles unités, de nouvelles missions, de nouveaux bâtiments etc. mais il introduit une nouvelle expérience de jeu avec les murs. Les chefs de clan pourront fortifier leurs bâtiments ce qui rendra les attaques plus compliquées mais encore plus agressives. Avec cette extension, on privilégie alors le côté affrontement du jeu, surtout que Guild Wars apporte aussi de nouvelles unités volantes. La deuxième extension It’s a kind of Magic, apporte aussi son lot de nouvelles unités, mais c’est principalement les cartes de sorts qui font leur apparition. Le but étant de diversifier le jeu en proposant autre chose que le concept classique d’attaque/défence, afin de mettre en place des stratégies plus élaborées. Vous pourrez alors optimiser ou même épurer votre deck mais aussi produire des jetons de malédiction ou de bénédiction qui influenceront directement la défense de vos bâtiments.

Au final, Vikings Gone Wild est assurément un jeu très complet, pour des parties fluides et avec une prise en main des plus aisées. Beaucoup de stratégies diverses entre deckbuilding et développement, un peu (beaucoup ?) de folie dans la thématique et une belle diversité dans les possibles mécanismes de jeu… Franchement, peut-on rêver mieux ?

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

Quelques questions à Vincent Vergonjeanne de Lucky Duck Games

Salut Vincent. Tout d’abord, félicitations pour votre campagne de financement et pour ce magnifique jeu qu’est Vikings Gone Wild. Chez Jeudéclick, on adore !

Vikings Gone Wild, c’est initialement un jeu qui a fait son apparition sur plateforme mobile. Comment est-ce que tout cela a commencé et qu’est-ce qui vous a donné envie de transposer cette licence sur un bon vieux plateau de jeu ?
Je suis dans le monde du jeu vidéo depuis presque 9 ans. J’ai d’abord co-créé un studio parisien, Kobojo, concentré sur des jeux accessibles pour Facebook et Mobile. J’ai ensuite déménagé en Pologne ou j’ai monté un nouveau studio, EVERYDAYiPLAY, spécialisé dans les jeux de stratégie. Vikings Gone Wild a été le fruit de 8 mois de travail et fut un succès extraordinaire en 2013.

C’est seulement 2 ans plus tard, lorsque mon frère me demande des visuels pour créer des prototypes de jeu de plateau, que l’idée émerge. Et si les 2 frangins se réunissaient pour créer un jeu de plateau basé sur la licence du jeu vidéo ? Le projet était né.

Déjà deux extensions en plus de la boîte de base, un deck de cartes pour un cinquième joueur ainsi que les différents modes de jeu par le biais de la boîte « Ragnarök », sans compter les cartes exclusives Kickstarter pour les backers. Un bien joli contenu ! Est-ce que Luky Duck continue à travailler sur le développement du jeu ou est-ce que vous allez vous arrêter là pour ce titre ?
On aimerait sortir au moins 1 extension de plus, mais pour le moment on fait une pause. C’était beaucoup de contenu et nous sommes passés à d’autres jeux. Par contre, Julien est en train de préparer un autre jeu dans l’univers de Vikings Gone Wild. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment…

Sans trahir des secrets, qu’est-ce que Lucky Duck nous prévoit pour cette année 2017 ? Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Notre mission est de transformer des jeux vidéos populaires en expériences de jeu de table exceptionnelles. Après le succès de Vikings Gone Wild, j’ai contacté des grosses licences de jeux mobiles et nous avons signé avec l’équipe de Mobigames et leur jeu Zombie Tsunami. Le jeu vidéo est génial, il a une énorme audience et rentre parfaitement dans le cadre de ce que l’on veut faire. Nous sommes très avancés avec d’autres licences, mais je ne peux rien partager de plus pour le moment !

Quelles sont les ambitions de Lucky Duck et comment vous projetez-vous dans quelques années ?
Mon rêve ? Avoir des grosses licences de jeux qui nous contacteraient directement pour adapter leur jeux. Alors on va travailler dur pour lancer des jeux de qualité avec des univers de jeux vidéo vraiment fun et dépaysants !

Le site du jeu Vikings Gone Wild
Le ProtoChrono de Ludovox
La TricTrac TV de l’explication
La fiche du jeu sur Boardgamegeek


Informations destinées aux personnes avec un handicap

En complément à nos articles, nous transmettons ci-dessous des précisions destinées aux personnes présentant une atteinte à la santé (visuelle, auditive ou déficience intellectuelle) :

– Ce jeu demande une bonne capacité de réflexion et semble peu compatible avec une déficience intellectuelle.
– Ce jeu semble ne présenter aucune autre limitation particulière.


View Comments
Aucun commentaire pour le moment.

*