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The Last Bottle of Rum, pirater c’est la… « santé » !

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 530 vues 15 minutes de lecture
The Last Bottle of Rum

« Aaalllaaaabbboorrddaaaaaage ! » Dents serrées, visage rubicon, regard noir… Crabby Jones lance son galion à pleine puissance. Le capitaine du bateau pirate souhaite en découdre avec son adversaire. Mais aussi et surtout, en profiter pour s’en mettre plein les poches ! Le navire est secoué dans tous les sens et les vagues frappent violemment la coque. Mais l’embarcation tient bon. L’équipage dégaine ses sabres et se positionne à l’avant pour montrer leur détermination. L’ennemi n’a pas eu le temps de réagir. Même pas une petite manœuvre. Rien ! Arrivé à proximité le pirate ordonne de balancer une salve de canons. A cette distance, les ravages sont immédiats sur le bateau adverse. Cette fois c’est certain, l’or va couler à flots… Et d’autres iront patauger dans l’immensité de l’océan ! Mouhahah… !

Amis pirates, vous voici à quai ! Et c’est à présent à vous d’écrire votre histoire. De tracer votre destinée. Mais avant de partir, un petit coup de Rhum, cela ne se refuse pas ! Problème, il ne reste plus qu’une bouteille sur l’archipel. Nul doute qu’elle sera vendue à prix d’or. Ainsi, il faudra amasser de la fortune. Un jeu amusant et convivial signé Lord Raccoon Games, à consommer sans modération !

Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de Lord Raccoon Games. C’est normal, ce jeune éditeur publie avec The Last Bottle of Rum, son tout premier jeu de plateau, pour deux à cinq joueurs. A la barre, en fier capitaine, l’auteur Quentin Vernet, secondé par Baptiste Michard, qui s’est occupé des visuels… et des plans de navigation !

Si vous êtes un fidèle du financement participatif, sans doute avez-vous déjà vu voguer ce projet dans l’océan Kickstarter. En effet, c’est par ce biais que le projet est devenu réalité, suite à un financement qui a rassemblé quelques 2’000 pirates, courant mars 2020. Et comme le jeu est à présent produit, nous n’avons pas résisté à l’envie de nous y intéresser.

On vous le disait à demi-mots; vous êtes un pirate ! Oui, c’est comme cela et pas autrement ! Il ne reste plus qu’une seule bouteille de Rum dans l’archipel et elle sera à vous. C’est certain ! En bon pirate, vous partez en mer récupérer des trésors pour vous payer ce succulent breuvage. Entièrement piloté par des cartes, vous les jouez pour vous déplacer en mer, attaquer et récupérer des trésors. Tout cela, avant de les ramener à la crique des pirates. Un jeu simple, de « pick up and delivery » qui propose des parties amusantes et stratégiques.

Mais avant de régler votre cap vers les mers du sud, passons en revue la règle du jeu…

Du Rhum, des femmes et d’la bière non de…

Dans le jeu, vous incarnez donc un terrible pirate. Pour remporter la partie, vous devez atteindre 10 points de butin. Vous remportez alors la dernière bouteille de Rhum et vous gagnez immédiatement. Morbleu !

Au début de son tour, le joueur actif pioche 4 cartes et en jouera 2 simultanément de sa main. Les différents symboles présents sur les cartes indiquent les actions qui pourront être effectuées pendant le tour. Chaque carte comporte également un effet que le joueur actif peut déclencher s’il s’acquitte du coût qui y est indiqué.

Voyons à présent les différentes actions possibles. La première consiste évidemment à naviguer, en vous déplaçant sur le terrain de jeu et en explorant les différentes tuiles placées face cachée en début de partie. Sur certaines tuiles, vous pourrez gagner des doublons mais aussi endommager votre bateau en traversant des récifs. Sur la tuile centrale du repaire des pirates, vous pourrez vendre les butins récupérés en cours de partie. La deuxième action possible consiste simplement à gagner des doublons (la monnaie du jeu). Troisièmement, un tel jeu ne serait rien sans la possibilité d’attaquer un autre joueur. Pour attaquer un joueur, vous devez être à proximité de lui et payer un doublon. Vous infligez des dégâts en lançant un dé et différents dommages seront assignés au bateau de votre adversaire. Des dommages qui réduiront les déplacements, les capacités de stockages, la navigation etc. Vous pourrez encore, et cela représente la dernière et quatrième action, réparer des dégâts pour annuler les effets négatifs qui vous pénalisent.

A noter encore que les effets de certaines cartes impliquent des malédictions. Pendant la partie, si un joueur pioche une carte Kraken ou atteint la limite de 5 malédictions, le Kraken surgit. Le monstre attaque immédiatement et inflige des dommages.

Quand le joueur actif a terminé son tour, c’est au suivant et on continue de la sorte jusqu’à ce que la condition de victoire soit atteinte par l’un des joueurs.

Terre en vue !

Quand il s’agit de lever le coude, on répond présent. Quand il s’agit de hisser pavillon noir, on est là. Alors, les deux cumulés… on n’hésite pas une seconde. Et c’est parti pour l’aventure avec « The Last Bottle of Rum » ! A l’intérieur de la boîte, dont le couvercle comporte un joli vernis sélectif, on retrouve de nombreux composants. Une grande tuile centrale, 30 tuiles île, plus de 150 cartes, un dé en bois, 10 plateaux et une soixantaine de jetons en carton, 16 marqueurs et 9 bateaux en bois, un sac en tissu et le livret des règles. Le tout, rangé dans un thermoformage. Soyons honnêtes, nous sommes très surpris – en bien – par la belle qualité du matériel. Surpris, car ce jeu est ni plus ni moins, le premier opus de l’éditeur Lord Raccoon Games ! Et la production s’avère tout bonnement magnifique ! Pour un premier jeu, chapeau ! Les composants utilisent du carton de qualité. Les cartes sont toilées, les marqueurs décorés de stickers colorés, un petit sac à l’effigie du jeu et un thermoformage efficace… C’est sûr, la production a bénéficié d’un soin particulier et cela se ressent, pour notre plus grand plaisir !

Par ailleurs, impossible de ne pas relever le magnifique travail d’illustration réalisé par Baptiste Michard. Des visuels colorés, harmonieux et dont les coups de crayons n’ont rien à envier aux opus les plus connus. Au gré du jeu, on prend ainsi beaucoup de plaisir à nous amuser avec ces décors qui favorisent l’immersion. Du travail soigné qui fait bien plaisir et qui donne un vent de fraîcheur; juste avant de hisser les voiles, c’est parfait moussaillon !

Thématiquement, nous sommes bien au cœur de la piraterie. Oui, au cas où vous en doutiez encore. Sur ce point, ne cherchez pas d’originalité. Dans les jeux de société, cela a déjà été exploité et sans doute même surexploité; de nombreux opus proposent de jouer les flibustiers des mers. Néanmoins, dans The Last Bottle of Rum, l’univers et le thème fonctionnent très bien. Par ailleurs, les capitaines disposent de la particularité d’être représentés par des animaux au look atypique. Une chouette originalité ! Finalement, seul le titre du jeu nous paraît un peu capillotracté. Mais rassurez-vous, cet élément s’avère subjectif, anodin, et ne vous empêchera absolument pas de battre pavillon à tête de mort !

Mais avant d’espérer prendre le large, votre périple commencera par le livret des règles. Un document de dix pages, petit format (dont les trois dernières sont consacrées aux extensions) et qui contient tout ce dont vous avez besoin. Le matériel y est correctement présenté, tout comme la mise en place et les explications sont plutôt claires. Vite lues, les règles sont présentées de façon aérée et ponctuées par des illustrations. Quelques petits cas de figure rencontrés en cours de partie ne sont pas précisés dans les règles, mais en tant que pirate, vous trouverez toujours de quoi trancher ! Ou de quoi « sabrer »… mille sabords !

Après une rapide mise en place, vous pourrez débuter votre première partie. Une accessibilité facilitée grâce à un système de jeu vraiment abordable. Vous n’avez qu’à jouer deux cartes parmi quatre, et tout y est indiqué ! Surtout que de petits pictogrammes très intuitifs rajoutent à une bonne prise en main. Que vous soyez un jeune Mousse ou vieux Quartier-Maître, vous n’aurez aucun problème pour tenir le cap et maîtriser votre galion !

Pour les mécanismes, dans The Last Bottle of Rum, nous sommes clairement dans une course dont le système de jeu est piloté par des cartes. Ainsi, la gestion de main se retrouve au centre du gameplay. L’air centrale de jeu rajoute une part d’exploration, de placement et de déplacements qui ont leur importance. Notamment pour la collecte des trésors et pour les attaques qui peuvent être menées contre les autres joueurs. Et puisqu’on évoque les trésors, sachez que ces derniers comportent tous différents effets qui s’appliquent quand ils sont récupérés. Ainsi, s’additionne dans certains cas, une prise de risque qui doit être sous-pesée. Mais rassurez-vous l’ensemble reste léger et facile à utiliser. Et ce tout du long de la partie.

Cependant, le gameplay permet tout de même à des joueurs plus expérimentés d’y trouver leur compte. Des stratégies plus abouties peuvent se dessiner et on a clairement apprécié cette base de jeu simple mais qui permet aussi une jolie élasticité vers des parties plus complexes. D’ailleurs, pour concrétiser la chose, on invitera les gamers à rajouter au plus vite les extensions « Pêcheur de Primes » et « Météo » qui sont devenues chez nous, indispensables ! Surtout que ces dernières sont inclues avec le jeu de base; vous auriez tord de vous en priver. Notons encore une part de chance qu’on ne saurait éluder. En effet, le jeu reste assez tributaire de cet aspect avec la pioche aléatoire des cartes, des tuiles et des dégâts. Sans oublier les lancés de dés pour les combats. Mais, les actions du tour de jeu permettent à chacun de se remettre rapidement à flot et le jeu ne s’avère pas trop punitif sur cet aspect. Et surtout, ne détruira pas toute la stratégie que vous aurez mise en place.

Niveau originalité du gameplay, on reste sur une base classique de course et pick up and delivery. Rien de bien novateur mais encore une fois, on le répète, l’ensemble fonctionne très bien et une partie de jeu n’en reste pas moins très agréable.

On a également apprécié les tours de jeux qui se concentrent sur l’unique fait de jouer deux cartes et d’appliquer les effets. Puis, c’est au suivant. Ainsi, les temps morts sont réduits, le jeu offre un très bon dynamisme et dans The Last Bottle of Rum, il y a toujours quelque chose à faire. Surtout, que même en dehors de notre tour, on peut être sournoisement attaqué. Mieux vaut rester continuellement à l’affût… N’est-ce pas, du bateau ! Le tour de jeu et par conséquent toute la partie, offrent donc une excellente intensité et une tension qui ne faiblit pas de bout en bout. Finalement, c’est vraiment ce qu’on attend d’un jeu de pirates !

Un mot encore sur la rejouabilité du titre. Avec 150 cartes, des tuiles posées aléatoirement et les extensions fournies dans la boîte de base, la rejouabilité ne pose pas de problème. Bien sûr, il faut être clair, vos actions consisteront continuellement à sillonner les mers pour récupérer des trésors et pour les rapporter à la crique des pirates. Et ainsi de suite. Mais le système de jeu et les possibilités offertes par The Last Bottle of Rum permettent de varier les plaisirs. Ainsi, n’hésitez pas à forger des alliances et des mésalliances avec les autres pirates, à vous attaquer régulièrement, à faire preuve de sournoiseries et surtout, à user des pouvoirs des différentes cartes. Vos parties n’en seront que plus amusantes. Et en tant que pirate, on compte sur vous pour être créatif ! Surtout que le jeu le permet…

Joue mon p’tit lapin !

Avant de conclure, on ouvre une petite parenthèse sur le jeu à deux. Cette configuration existe dans la boîte de base et nous ne l’avons pas encore évoquée. A ce titre, sachez qu’en duo, on rajoute un troisième joueur. Précisons-le tout de suite, vous n’êtes pas obligé de le rajouter. Mais il y aura alors le risque que chacun joue un peu trop dans son coin. La solution serait alors de retirer quelques tuiles du plateau central… Mais, on vous laissera décider. Néanmoins, ce troisième joueur n’est pas un joueur fantôme comme cela se présente assez régulièrement dans les jeux de pirates. Non. Nous sommes sur un « vrai » troisième joueur, qui se déplace, qui récupère des trésors et qui vous attaque. Branle-bas de combat, timonier !

Ce troisième joueur – ce joueur Automa – est appelé « Le Spectre ». Un lapin maudit ! C’est tellement adorable, vous ne trouvez pas ? Au setup, toutes les tuiles îles sont alors placées face visible et on remet un plateau à ce cher lapin maudit. Une fois que les deux protagonistes ont joué c’est au tour du spectre. Deux cartes sont alors piochées et Le Spectre effectue normalement ses actions. Il pourchasse les autres joueurs, se dirige toujours vers le trésor avec la plus haute valeur, attaque les autres bateaux à sa portée, se répare si besoin et récupère même de l’or. D’ailleurs, quand il dispose de cinq pièces d’or, il déclenche son pouvoir et vole des trésors aux autres joueurs !

Le Spectre reste un joueur plutôt plaisant et qui peut s’avérer redoutable. Même si parfois, le hasard lui offre une écrasante victoire de manière rapide et brutale. Ainsi, avec lui on s’oriente parfois dans des parties assez aléatoires qui peuvent être très rapides ou à contrario, bien plus longues. On a aussi apprécié le fait que ce pirate veuille véritablement nous mettre en déroute. Il nous pourchasse, il en veut aux trésors à forte valeur et comme un autre joueur, il oppose une farouche résistance. Il peut être attaqué et attaque ! Un vrai petit compagnon de jeu… Même s’il faut tout faire pour lui et au bout d’un moment, cela en devient un peu rébarbatif. Dans tous les cas, il a le mérite d’être présent et pas uniquement pour faire joli !

Pour nous, cette configuration à deux joueurs fonctionne très bien. On aurait plutôt tendance à vous conseiller le jeu à partir de trois ou même quatre joueurs, pour la seule raison qu’à deux, les tuiles sont mises en place de manière visible. A trois et plus, tout se fait face cachée, et c’est tout de même bien plus amusant.

Pas de quartier ! Mille sabords !

Vous l’aurez sans doute compris, The Last Bottle of Rum nous a clairement plu ! Oui, c’est évident. Déjà par son univers travaillé, drôle et vraiment bien décliné sur plateau. S’ajoute à cela une belle production et une règle facile à prendre en main qui nous invite à embarquer rapidement.

Qu’on soit un joueur confirmé ou un tout jeune ludiste, chacun y trouve vraiment son compte. Et cet élément n’est pas à prendre à la légère; expérience faite chez nous dans toutes les configurations ! La base du jeu demeure simple mais le gameplay présente de réelles possibilités. Et l’opus offre une bien belle interactivité. On joue nos cartes, on regarde les adversaires du coin de l’œil et on déclenche une attaque ! Mouhahaha bachibouzouk d’ectoplasme ! Tantôt on fanfaronne de nos attaques et au tour suivant, on se retrouve avec une voile déchirée et une câle qui prend l’eau… C’est aussi cela The Last Bottle of Rum. Et c’est terriblement plaisant.

Un jeu qui restera donc encore pas mal de temps dans notre ludothèque, de part sa facilité d’accès, son immersion et son système de jeu très ouvert. On en redemande et on vous le conseille pour un peu de « tropiques » sur votre table de jeu. Amis pirates, vous voilà désormais avertis !

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
The Last Bottle of Rum sur Board Game Geek
Le site de l’éditeur Lord Raccoon Games

Rédacteur de l’article : Léo

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