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Oh My Goods, il est énoooorme… ce jeu !

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 447 vues 9 minutes de lecture

C’est comme une petite révolution, ce matin à notre atelier. Voilà quelques temps déjà que nous les ouvriers, indiquions à notre contremaître, que l’outillage n’est plus assez résistant. Maillets rouillés, scies cassées, burins endommagés… Et puis ce matin, des outils tout neufs ! C’est incroyable ! Notre atelier a fait l’acquisition de nouvelles pièces. Les forgerons du village ont visiblement travaillé de concert avec le menuisier pour créer des outils de qualité. Imaginez des marteaux dont le métal scintille à la lumière. Des manches en bois doux au toucher. Une bonne odeur de vernis. Quel plaisir ! C’est certain, nous ne pourrons que faire de l’excellent travail. Nous qui trimons toute l’année pour hériter les constructions du village. Ce n’est peut-être pas grand-chose mais nous avons retrouvé le sourire…

Avant de créer les excellents Monbasa, Great Western Trail ou encore Blackout Hong Kong, Alexander Pfister avait réalisé d’autres titres moins connus dont Oh My Goods ! Un jeu qui avait été édité sous le nom Royal Goods. Dans ce titre édité en 2015, nous représentons des artisans européens au Moyen Age qui ont pour but de produire des outils et fournitures afin de devenir l’artisan le plus renommé. Dans sa version de base (à savoir qu’il existe deux extensions dont la première ajoutant un mode solitaire) le jeu est prévu pour 2 à 4 joueurs pour des parties courtes d’environ 30 minutes. A la direction artistique c’est Klemens Franz qui est à l’ouvrage (Agricola, Le Havre, Clans of Caledonia).

Le jeu est édité en anglais et en allemand par Mayfair Games et des traductions françaises sont disponibles sur le site Board Game Geek. 

Si on vous parle de ce jeu, c’est parce que outre le fait que l’auteur soit très apprécié, il a la particularité de n’utiliser que des cartes qui elles-même ont plusieurs fonctions. Le principe de recyclage d’une carte de plusieurs façons dans une partie n’est pas très commun et est un mécanisme toujours appréciable dans les différents jeux dans lequel cela est utilisé. Ainsi, nous allons voir plus en détails ces principes et vous donner envie d’y jouer. Du moins on l’espère !

Artisan du recyclage de cartes

Dans Oh My Goods, les joueurs doivent faire le plus de points de victoire. La fin de partie se déclenche lorsqu’un des joueurs a construit son 8ème bâtiment. A ce moment-là, on finit le tour en cours et on en effectue un dernier avant de passer au décompte final. 

La particularité principale de ce jeu est que les cartes contiennent plusieurs informations. Si elles sont placées face cachée sur un bâtiment alors elles symbolisent des ressources produites pouvant servir de monnaie (au coût indiqué par le bâtiment). Si elles sont placées devant vous, elles représentent un bâtiment avec les indications de production mentionnées en bas, leur coût de fabrication et le nombre de points de victoire en haut. Lorsqu’une carte est placée au centre de la table on se concentre sur le symbole à gauche de celle-ci montrant la ressource que la carte représente. Sous la ressource on peut avoir le symbole d’un demi soleil. Lorsque deux sont découverts, on met fin aux étapes de lever et coucher de soleil. Cette diversité d’information sur une même carte est très intéressante pour les diverses stratégies à prévoir dans le jeu, notamment en terme de choix de cartes.

Une partie se déroule en plusieurs tours et chacun d’eux contient 4 étapes : une phase de récupération de cartes, une phase de lever de soleil, une phase de coucher de soleil ainsi qu’une de production et construction. Tout au long de la partie nous allons avoir à activer nos bâtiments en utilisant les ressources placées au centre de la table ainsi que celles dans nos mains. Lorsqu’on activera nos bâtiments alors les productions pourront servir de monnaie qu’on dépensera pour construire de nouveaux bâtiments permettant diverses possibilités et choix de développement. L’intérêt est qu’on va devoir choisir le (ou les) bâtiment(s) qu’on devra activer entre les deux phases de lever et coucher de soleil. Ces phases consistent à mettre au milieu de la table, une à une des cartes de la pioche jusqu’à ce que deux demi-soleils soient complétés. De la sorte, lorsqu’on choisit le bâtiment, on n’est pas forcément sûr d’avoir toutes les ressources pour produire et donc il se pourrait qu’on ne puisse pas produire. Le risque est grand, mais sans cela la victoire ne serait pas belle !

Des mécanismes qui font la force du jeu

La boîte de jeu est « mini » en format et taille. Elle contient seulement des cartes, 110 en tout réparties en 94 bâtiments, 8 assistants, 4 bâtiments de base (« Brûleurs de charbon ») ainsi que 4 cartes de travailleurs. Les cartes sont de bonne qualité. Les illustrations sont plutôt simples mais efficaces. Malgré le nombre d’informations disponibles sur ces dernières, elles sont très lisibles et les pictogrammes sont facilement interprétables. Hormis le nom des bâtiments, il n’y a pas de texte sur les cartes.

La règle bien qu’en anglais ou allemand, tient sur un petit livret et est facilement compréhensible. Bien aérée et avec de nombreux exemples. Pour ceux d’entre vous ne maîtrisant pas bien l’anglais, des traductions sont disponibles sur le site Board Game Geek. La règle est très claire et s’explique aisément ce qui permet une prise en main facile. Un très bon point pour ce petit jeu tout de même bien stratégique.

Bien que le thème du jeu soit plutôt plaqué, la force de ce dernier réside dans ses mécanismes. La mutli-utilisation des cartes est très ingénieuse et permet une grande rejouabilité. Il sera très difficile (voire impossible) d’avoir les mêmes déroulements des distributions des cartes, entre celles qui vont en mains, celles servant de monnaie ou encore celles participant à la rivière de cartes.

La mise en place du jeu est très facile et rapide. Quelques cartes sont distribuées et nous sommes prêts à jouer. Comme dit précédemment, la prise en main est immédiate. On déroule les actions et on est déjà dans le cœur du jeu. Bien sûr il faudra tout de même un brin de réflexion afin de savoir quel bâtiment activer et lequel construire. Il est toujours intéressant de voir qu’on peut avoir une profondeur de jouabilité dans un opus simple à mettre en place et à prendre en main.

Les tours sont rapides, d’ailleurs les parties sont courtes. Il n’y a pas de temps d’attente car les joueurs jouent simultanément. Il n’y a pas de complexité particulière non plus, si ce n’est sur les choix et paris à faire. Nous restons tout de même dans un jeu de gestion et comme souvent dans cette catégorie, il n’y a pas ou peu d’interactions entre les joueurs. D’ailleurs, dans Oh My Goods!, les interactions ne concerne que « la course » à l’obtention des assistants ainsi qu’au déclenchement de la fin du jeu. Cependant, le plaisir du jeu est très présent. La grande rejouabilité ainsi que toute la mécanique de « paris » pour l’activation d’un bâtiment rend les parties intéressantes et clairement nous avons systématiquement envie de les enchaîner.

Le fait que les interactions soient peu présentes dans ce jeu, n’empêche pas un bon fonctionnement qu’on soit 2 ou 4 joueurs. La tension est la même quelle que soit le nombre de joueurs présents autour de la table. S’il n’y a pas de mode solitaire officiel disponible pour ce jeu, une variante « fanmade » traduite en français est disponible. Cette variante permet de retrouver la tension existante dans les parties multi-joueurs car le but est de faire un meilleur score qu’un automate. Ce qui est une très bonne chose pour les amateurs de ce genre de mode de jeu. On adore les IA !

Ce jeu du papa de Mombasa ou encore Great Western Trail est une boîte qui trouve facilement sa place dans une ludothèque de joueurs aimant les titres malins avec de la gestion. Il complète aisément ces ludothèques car il est assez rare d’avoir une telle densité dans une petite boîte sur un format court. Le mécanisme de multi utilisation des cartes est très bien pensé et apporte tout l’intérêt du titre. Un jeu qu’on peut emmener partout et auquel le plaisir n’est pas dissimulé. Honnêtement que chercher de mieux !

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
La variante solo, également en français
La fiche du jeu sur Board Game Geek

Rédacteur de l’article : Sylvain

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