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Misty, une fenêtre sur un jeu qui ne demande qu’à s’animer

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 446 vues 11 minutes de lecture
Misty, une fenêtre sur un jeu qui ne demande qu’à s’animer

L’air est frais. On pourrait presque dire froid. Le mercure avoisine le zéro degré mais à l’intérieur, le feu crépite dans la cheminée. Les flammèches viennent lécher les bûches et la chaleur est omniprésente. Les vitres sont recouvertes de buée et forcément, l’envie est trop forte d’y dessiner toute sorte de choses. De leurs petits doigts agiles, les jeunes têtes blondes imaginent de multiples réalisations. Trottinettes pour rouler vite, fusées pour décrocher la Lune, camions de pompier pour des rêves futurs… tout y passe ! Sans oublier bien entendu, les ballons, les smileys et même de gentils mais terribles monstres ! A l’heure du coucher, papa et maman ont promis de ne pas effacer ces réalisations créatives. Mal leur en a pris car à la nuit tombée, tous ces dessins n’ont qu’une seule envie, celle de s’animer !

Et pourquoi on ne jouerait pas avec ces réalisations dessinées sur la buée des vitres ? C’est en tous cas ce que nous propose l’éditeur Helvetiq avec l’une de ses nouvelles localisations… Misty ! Helvetiq est bien connu pour ses petits jeux malins et travaillés, jouables aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. D’ailleurs, on vous a déjà parlé de Team Up (qui a même été notre coup de cœur en février 2019), Kartel et Dealmaker, et nous avions même évoqué avec vous, sur nos réseaux sociaux, l’excellent Smak !

Pour en revenir à Misty, le jeu qui nous occupe aujourd’hui, voici une petite boîte issue de l’imaginaire de Florian Fay et dont l’univers visuel a été réalisé par Felix Kindelan. Jouable pour deux à cinq joueurs imaginatifs, Misty propose des parties d’environ quinze minutes, facilement accessibles à partir de six ans.

L’opus, ne comportant que des cartes, propose des mécanismes de draft et de programmation. Le but consiste à réaliser une fenêtre, composée de douze carreaux qui vont nous rapporter un maximum de points de victoire. Sauf que les dessins présents sur les vitres vont s’animer et déclencher leurs effets. Un jeu dans lequel il faudra planifier et s’adapter aux différentes cartes reçues en cours de partie.

Sans plus attendre, regardons ensemble la règle du jeu…

Tu fais une partie avec nous, Caro ?

Le but de Misty, consiste, après deux tours de jeu, à réaliser devant soi une fenêtre composée de douze cartes représentant des dessins sur les vitres. Ces dernières sont placées soit sur trois lignes et quatre colonnes, ou quatre lignes et trois colonnes. Une fois les douze cartes placées devant chaque joueur, la partie prend fin et celui qui totalise le maximum de points de victoire l’emporte.

Chaque joueur débute avec six cartes en main. Chacun en sélectionne une, qu’il place face cachée devant lui et transmet les cinq autres à son voisin (phase de draft). Chaque joueur révèle alors sa carte et commence à composer sa fenêtre. Le jeu se poursuit de cette façon jusqu’à ce que toutes les cartes soient posées devant les joueurs. On distribue ensuite six nouvelles cartes à chacun et on recommence la phase de draft. Quand tous les joueurs disposent de leur fenêtre de douze cartes, chacun active les effets de ses cartes, puis on totalise les points de victoire des cartes encore en jeu.

Mais… quels sont les effets des cartes ? La majorité des cartes comprend des effets de déplacements (gauche, droite, en haut, en bas). Ce qu’il faut savoir, c’est que si une carte recouvre une autre carte « dessin », elles sont alors retirées du jeu (vous avez créé un gribouilli). Si une carte sort de la fenêtre, idem elle est retirée et ne marque aucun point. En revanche, si un smiley est positionné à côté d’un autre smiley, le joueur gagne un point supplémentaire. Les fleurs valent deux points mais si un monstre est en jeu sur la fenêtre, il mange la fleur ; cette carte est alors retirée du jeu.

Dessine-moi un mouton…

Il faut bien le reconnaître, un jeu qui ne comporte qu’un seul type de composant, c’est toujours très original et très tentant ! Et là, on se retrouve également avec un format de jeu très petit. Une boîte colorée au visuel plutôt enfantin… mais le jeu nous promet de la stratégie. Alors vite, on ouvre ! A l’intérieur, plusieurs livrets de règles en différentes langues et un deck de 54 cartes. Rien de moins, rien de plus ! Notre intérêt a définitivement été piqué.

Le matériel est tout à fait classique et bien produit. En revanche, s’agissant d’un jeu de cartes pour lequel on manipule et on brasse très souvent le deck, on aurait aimé un petit toilage de protection sur les cartes. D’habitude, on vous conseille simplement de les protéger avec des sleeves. Mais là, le format particulier des cartes (90x45mm) risque de rendre l’opération compliquée. Et surtout, comme vous pouvez y jouer avec des enfants dès six ans, il faut bien reconnaître que ce ne sont pas eux qui vont forcément manipuler votre jeu avec soin. Il faudra donc faire avec…

Thématiquement, Misty a vraiment été travaillé avec beaucoup d’originalité et de finesse. Les illustrations sont très « mignonnes » et comme on pourrait presque les appréhender comme des pictogrammes, leur lisibilité se fait sans problème. Et ainsi, on entre très facilement et rapidement dans l’univers visuel du jeu. Côté immersion, on est ravi !

La règle du jeu tient sur un petit feuillet replié au même format que la boîte. En cinq minutes, les instructions sont lues et le jeu est assimilé. Si vous devez expliquer Misty, comptez deux ou trois minutes et l’ensemble des joueurs pourra immédiatement se lancer dans un première partie. Comptez d’ailleurs avec une partie de découverte pour bien comprendre le fonctionnement du jeu. Vous ne rencontrerez aucun souci avec la phase de draft mais pour la phase d’activation des cartes, comme on le dit chez nous « il faut le voir une fois ! ».

Dans Misty, on ne saurait parler de mise en place. Brassez simplement le deck, distribuez six cartes à chacun, et la partie peut commencer. C’est d’ailleurs un élément qui nous plait beaucoup et qui rend le jeu très facile à sortir de sa ludothèque. Dix minutes à patienter avant de partir, ou lors d’un trajet en voiture… c’est évident, on fait un Misty ?

Au niveau des mécanismes de jeu, nous sommes clairement sur une mécanique de draft. Si vous n’appréciez pas cela, passez votre chemin car le cœur du jeu repose sur ce principe. Mais pas uniquement. L’anticipation, la mémoire et le placement des cartes auront une importance capitale. Si vous arriverez à mémoriser les prochaines cartes qui vont revenir à vous – ou une partie – vous prendrez un sérieux avantage sur la partie. Bien sûr, chacun aura pu se servir au passage, mais quand même ! Puis vous devrez disposer vos cartes aux bons endroits et c’est là que le principe d’anticipation et de placement prendra tout son sens. Avec vos cartes comprenant des effets de déplacement, vous chercherez à optimiser leurs trajectoires. En revanche, vous voudrez recouvrir le plus de monstres possibles. Et vous chercherez à faire cohabiter vos smileys. Pas évident de faire cohabiter tous ces petits dessins. Un véritable petit puzzle qui fera appel à votre réflexion.

En lui-même, le système de draft est bien connu dans le secteur ludique. Celui du placement également. Cependant, le jeu propose une sympathique originalité avec l’activation des différentes cartes. On cherche constamment à optimiser son jeu. L’ensemble se veut donc plaisant et rapidement, on veut y rejouer ! Surtout que les tours de jeu sont simples et dynamiques. Il n’y a aucun temps mort dans Misty vu que tout le monde joue en permanence.

En termes de rejouabilité, l’opus propose un agréable renouvellement. Il y a quatorze types de cartes différentes, avec certes des effets qui se répètent, mais nous avons de quoi faire pour qu’une partie ne ressemble jamais à une autre. Secrètement, on aimerait beaucoup que l’éditeur propose un petit « pack » d’extensions avec de nouveaux effets. Par exemple des placements en diagonale ou même imaginer que ces petits dessins puissent passer vers la fenêtre du voisin ? L’appel est lancé !

Vous l’aurez compris, cette découverte de Misty aura été pour nous une bien jolie surprise. On connaissait cette gamme de petits jeux chez Helvetiq, et encore une fois, l’éditeur frappe fort avec un format réduit qui permet de le jouer en de très nombreuses occasions. La règle n’est vraiment pas compliquée, elle est expliquée en quelques minutes et les grands comme les petits peuvent très vite y jouer. D’ailleurs, nous y avons joué avec un petit ludiste de cinq ans (on vous passe les demis même si cela compte beaucoup à cet âge) et le plaisir a été complet. D’ailleurs, précisons que pour les plus jeunes, Misty peut aussi se jouer avec des phases de draft de trois cartes et une fenêtre composée de neuf carreaux et non douze. Et puis, voilà un jeu qui ne manque vraiment pas d’interaction ! A chaque instant on discute, on commente, on rigole et même, on fustige notre voisin de nous avoir pris la carte qu’on convoitait. Mais c’est ainsi dans les jeux de draft ! Puis, le sérieux reprend vite sa place pour essayer d’optimiser sa fenêtre au maximum. Un petit plaisir ludique comme on en aimerait plus souvent, pour un jeu simple et convivial dans lequel chacun y trouve son compte !

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français (bientôt)
La fiche de Misty sur Board Game Geek
Le site de l’éditeur Helvetiq

Rédacteur de l’article : Léo

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