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Pathogenesis « second edition », garanti sans Coronavirus

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 570 vues 10 minutes de lecture

Actualité oblige, on avait envie de vous proposer un jeu sur le thème des bactéries et autres joyeusetés immunitaires. Alors, comme vous connaissez déjà les Pandemic et autres Plague Inc., pourquoi ne pas rédiger un sujet sur… Pathogenesis ! Alors préparez vos masques de protection, les agents pathogènes contre-attaquent !

Pathogenesis, ainsi que sa seconde édition sur laquelle nous écrivons, est un pur deckbuilding dans lequel les joueurs incarnent des bactéries pathogènes attaquant un corps humain. Votre mission sera d’infliger suffisamment de dommages au corps avant que ce dernier ne développe une réponse immunitaire trop forte à combattre.

Publié par WIBAI Games, Pathogenesis nous est proposé par Loren et Jamie Cunningham, un couple de ludistes qui signent ici un jeu abouti et très précis. Pour la réalisation artistique de Pathogenesis, ils se sont associés à sommersault18:24, un cabinet de design spécialisé dans les illustrations et modélisations scientifiques. La première édition a été financée sur Kickstarter en 2017, tandis que la seconde version a rassemblé en 2019 plus de 1200 backers pour près de 56’400 dollars. A l’occasion de cette version revue et corrigée, les auteurs ont agrémenté la campagne d’une extension sur le thème des pathogènes sexuellement transmissibles !

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Pathogenesis possède quatre modes de jeu : le solo, le coopératif pour deux joueurs, le compétitif et enfin le mode en équipe de deux contre deux. Mais le gameplay de base reste similaire pour les différents modes de jeu.

Suivant le principe des deckbuilding, chaque joueur commence avec un starter deck qui contient des pathogènes de base ainsi que des cartes New DNA. A chaque tour de jeu, chaque joueur utilise ses cartes pour soit acquérir des pathogènes plus résistants, soit des mécanismes d’attaque ou de défense, ou encore pour améliorer leur environnement, ou enfin… attaquer le corps. Les pathogènes sont les cartes que vous décidez d’activer en les posant devant vous à votre tour de jeu afin d’attaquer le corps humain. Sinon, vous pouvez utiliser la Genetic Value indiquée sur  ces dernières, qui est la monnaie d’échange dans Pathogenesis et qui vous servira d’acheter de nouvelles cartes Pathogènes plus fortes pour votre deck. Les cartes New DNA, quant à elles, apportent aussi de la Genetic Value mais apportent deux autres options : vous pouvez les utiliser pour acquérir des cartes de l’Active Gene Pool qui est la zone centrale de jeu dans laquelle vous trouverez toutes les cartes pour rendre vos pathogènes plus résistants. Vous pourrez aussi les utiliser en activant leur pouvoir spécial, mais une seule fois cependant ; car une fois cette habilité activée, la carte sera sortie du jeu définitivement.

Tout au long du jeu, vous devrez attaquer l’un des trois tractus du corps humain (système pulmonaire, gastro-intestinal et tissulaire). Tout d’abord, vous devrez être en mesure de passer les barrières physiologiques ; cela se présente sous la forme d’un deck de cartes. Ces cartes possèdent une simple valeur de défense, donc si votre pathogène a une valeur d’attaque égale ou supérieure, la carte sera défaussée. Une carte défaussée vous fera gagner des tokens Genetic Value qui vous aideront à acheter des cartes plus intéressantes tout au long de la partie. Une fois le deck de barrière physiologique achevé, vous êtes prêts à attaquer le corps lui-même. La mécanique est la même, à la différence que vous enlèverez des points de dommage, représentés par des tokens dont la valeur totale est déterminée par le mode de jeu que vous avez choisi. Mais attention… lorsque vous avez franchi la première barrière de l’un des tractus, la réponse immunitaire va se mettre en marche et le corps va se défendre avec frénésie ! Cette réponse immunitaire est représentée par un deck ; vous devrez tirer une carte par pathogène posé sur votre espace de jeu et résoudre l’effet de chaque carte. Votre pathogène doit être en mesure de se défendre face à cette réponse immunitaire, auquel cas, vous serez contraints de le défausser.

Un tour de jeu se passe donc en cinq phases : premièrement, vous achetez ou jouez des cartes. Ensuite, vous jouez les attaques préemptives si vous possédez les cartes qui le permettent. Ces attaques sont généralement liées à des conditions environnementales. En troisième position : la réponse immunitaire du corps. La quatrième phase est l’attaque de vos pathogènes survivants sur les tractus correspondants. Et enfin, la dernière phase permet la préparation de votre prochain tour ; les cartes de Réponse Immunitaire retournent dans leur défausse, toutes les cartes utilisées, achetées ou attaquées sont placées dans votre défausse. Vous repiochez cinq cartes et vous êtes prêts pour le prochain tour. Selon le mode de jeu choisi, la partie se termine victorieusement en ayant complètement vaincu un ou plusieurs tractus ou si le deck de Réponse Immunitaire est terminé et dans ce cas, vous avez perdu.

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A l’image du thème, Pathogenesis est un objet simple et sobre, sans chichi. Une boîte de belle taille, blanche immaculée avec des illustrations réalistes de divers éléments biologiques et dont l’intérieur renferme des cartes de belle facture tout aussi bien illustrées, des tokens de réponse immunitaire à l’image de leur fonction réelle dans un corps humain et petite cerise sur l’anticorps : de vraies boîtes de Pétri qui vous permettront de ranger les tokens de dommage pour les tractus. Elles seront d’ailleurs du plus bel effet sur la table de jeu ! Si cette boîte peut paraître gigantesque comparée au besoin réel de rangement, elle aura le mérite de proposer assez de place pour y ranger l’extension.

De prime abord, le livret de règles peut paraître fastidieux à lire et l’on peut vite se sentir débordé par la quantité de texte à lire. Mais rassurez-vous, il s’agit essentiellement d’explications annexes afin d’illustrer le pouvoir de chaque carte, chaque token et chaque phase de jeu. Ces explications permettent ainsi à un novice du domaine de pouvoir s’approprier le jeu plus facilement, car évidemment, si vous avez un copain biologiste sous la main, il sera à même de vous expliquer ce que le token Chemokine fera sur vos cartes. Ou pas. Mais dans ce cas, c’est un mauvais biologiste !

La mise en place de Pathogenesis prend très peu de temps. Juste le temps de préparer les decks et l’Active Gene Pool et vous êtes prêts. La prise en main est tout aussi rapide, une fois les explications faites. A la façon d’un protocole de laboratoire, il vous suffit de suivre à la lettre les cinq phases de jeu. Cela reste après tout un jeu de deckbuilding dans sa plus pure élégance, sans fioriture.

L’originalité de Pathogenesis réside sans conteste dans son approche thématique scientifique très précise, sans pour autant être fastidieuse et rébarbative. Les habitués des modélisations biologiques seront ravis des illustrations, identiques à celles que l’on trouverait dans une publication scientifique. Les biologistes et spécialistes du domaine (et plus généralement les scientifiques de formation) seront impressionnés par la précision et la justesse des mécanismes d’action que chaque carte propose. La simplicité de la mécanique proposée par Pathogenesis est largement contrebalancée par un thème riche et complet et surtout, fidèle à la réalité. Car Pathogenesis se veut pédagogique, mais non ennuyeux. D’ailleurs, les joueurs non-avertis ou ceux qui étaient mauvais en cours de biologie peuvent tout à fait prendre goût à Pathogenesis. Notre rédactrice, biologiste de formation, l’a présenté à son groupe de ludistes, dont aucun n’a de formation dans le domaine. Grâce à la facilité du gameplay et les nombreux pictogrammes sur les cartes, le jeu a permis d’être pris en main rapidement et des stratégies ont vite vu le jour. On se plaît à incarner les agents pathogènes (et d’être pour une fois les méchants de l’histoire !), avec tous les moyens possibles pour contrecarrer les réponses immunitaires qui nous empêchent d’être de vilains microbes.

L’autre particularité de Pathogenesis est sa multitude de modes de jeu. En effet, cela se différencie du mode solo au jeu en équipes deux contre deux et vous pourrez aussi mitiger la difficulté de vos parties. Cela se fera en adaptant le nombre de cartes dans le deck de Réponse Immunitaire et/ou le nombre de tokens de dommages par tractus. Il sera aussi possible d’adapter le temps de jeu dans les modes à quatre joueurs, toujours selon le même schéma. Un set-up sous forme de tableau vous permettra d’avoir une  vue d’ensemble rapide et aisée du mode de jeu que vous souhaitez jouer. Dans tous les modes (hormis le solo), on trouvera une forte interaction et une certaine intensité de jeu. Car il faudra être suffisamment malin pour venir à bout du corps humain avant que le deck de Réponse Immunitaire ne soit vide ! Même dans le mode compétitif, vous dépendrez des autres pour pouvoir mener votre infection à son terme.

Enfin, à l’occasion de la campagne pour la seconde édition de Pathogenesis, les auteurs ont proposé une extension sur le thème des maladies sexuellement transmissibles. En effet, un nouveau tractus (le système Génito-urinaire) est ajouté, ainsi que de nouveaux pathogènes, de nouvelles spécificités et de nouveaux facteurs de virulence relatifs à cette région du corps humain ! Si aucune carte de toxine ne sera présente dans cette extension, vous aurez en revanche affaire à une nouvelle mécanique : les Dommages Collatéraux ! Ces cartes ajouteront les dommages provenant de votre système immunitaire à votre corps si vos pathogènes  survivent à l’attaque de ce dernier.

J’aurais voulu être… Bacilluuuuuuus, pour pouvoir faire mon numérooo…

On pourrait penser que Pathogenesis soit austère, mais il n’en est rien ! On apprécie le travail de recherche impressionnant et précis apporté par les auteurs du jeu, qui rappelons-le, sont des spécialistes en immunologie.

Le point fort de ce deckbuilding réside sans conteste dans la facilité de prise en main et la rejouabilité apportée par les différents modes de jeu. Il ravira les connaisseurs et les novices du domaine, car il n’est nullement indispensable d’avoir des prérequis en science pour y jouer. Durant la campagne Kickstarter, un mode « scolaire » était même proposé avec des decks de base supplémentaires pour permettre aux enseignants de proposer le jeu à leurs élèves. Au pire des cas, vous aurez appris le mécanisme d’action d’un IgG dans votre organisme !

Maintenant, à vous de vous forger votre propre avis.

La règle du jeu en français
Pathogenesis second edition sur Board Game Geek
Le site de l’éditeur WIBAI Games

Rédactrice de l’article : Warda

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