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Escape the Dark Sector, le 5ème passager

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 270 vues 7 minutes de lecture

Vous n’étiez pas à l’UKGE (UK Games Expo) au début du mois ? Alors vous êtes passé à côté de l’une des premières présentations d’Escape the Dark Sector, le nouveau jeu d’aventure narratif créé par Alex Crispin, Thomas Pike et James Shelton et édité par le studio Themeborne. Leur présence à Birmingham avait pour objectif de lancer leur campagne Kickstarter. Une décision couronnée de succès, puisqu’au bout d’une semaine, la somme des contributions flirtait déjà avec les 100’000€, pour un seuil de financement de 18’000€. Une performance qui doit forcément beaucoup à l’excellent accueil reçu par leur précédent jeu « Escape the Dark Castle » et son lot de 3 extensions, largement financés, eux aussi, sur la plateforme préférée des gamers.

Vous l’aurez deviné, ce nouvel opus reprend la mécanique de base qui a fait le succès de son prédécesseur en changeant de thème et en ajoutant de la profondeur au système de jeu.

Escape the Dark Sector est un jeu d’aventure coopératif pour 1 à 4 joueurs clairement axé sur la narration et l’atmosphère. L’ambiance générale fait d’ailleurs ouvertement référence aux premiers volets de la saga Alien. Vous jouerez en effet le rôle de l’un des 4 membres d’équipage d’un vaisseau mis en fourrière. Confinés dans le bloc de détention d’une station spatiale aussi sombre qu’inhospitalière, vous devrez retrouver votre vaisseau, à l’aide d’équipements perfectionnés et d’une large panoplie d’armes de pointe.

Pour espérer rentrer chez vous, il vous faudra surmonter de multiples dangers et affronter vos plus grandes peurs, du cybergarde aux organismes extraterrestres meurtriers.

Hit and roll Jack

La mise en place consiste principalement en la constitution aléatoire d’un deck composé de 12 cartes chapitres (sur les 48 disponibles) divisées en 3 actes de difficulté croissante et se concluant par une carte « boss » (5 disponibles). Perdus dans la station spatiale, et alors que vous ne savez rien de ce qui vous attend, vous devrez également choisir l’un des 6 membres d’équipage possibles et lui greffer un implant cybernétique lui conférant une amélioration unique (mais interchangeable). Munissez-vous ensuite de votre dossier médical et d’un crayon, pour notamment comptabiliser vos points de vie.

Une nouvelle carte chapitre est révélée dès que la précédente a été correctement traitée. Si la dernière carte est résolue (« Boss » vaincu !), vous avez gagné ! Mais si durant l’aventure un seul des équipiers meurt, c’est tous les joueurs qui perdent ensemble.

Les cartes ainsi révélées vous obligeront soit à faire des choix narratifs difficiles, soit à faire face à un danger immédiat. De nouveaux équipements ou d’autres surprises plus sombres vous attendent également.

Pour affronter les périls dévoilés par les cartes, vous devrez coopérer étroitement. Le principe est le suivant : face au danger, chaque joueur annonce quelle unique action il souhaite faire (par exemple, face à un ennemi : charger, tirer, recharger, s’équiper, soigner, se cacher, se reposer), puis toutes les actions sont résolues simultanément en utilisant des combinaisons de dés et d’objets (cartes) disponibles. Attention, pour utiliser certaines actions, comme la charge, il faudra que cette option soit choisie par l’ensemble des joueurs. Les joueurs jouent et font rouler les dés jusqu’à ce que le danger soit écarté, puis passe à la carte chapitre suivante, si aucun équipier n’a été tué.

Gothic space fantasy

Comme pour sa précédente création, l’ambition de Themeborne est de proposer un jeu simple et rapide se concentrant sur l’histoire, l’aventure et surtout l’atmosphère. Avec une durée totale inférieure à une heure (mise en place incluse) et des règles à la compréhension aisée et didactique… l’accessibilité est là ! Quant à l’immersion, la lecture des quelques cartes révélées par l’éditeur et l’univers graphique engagé nous ont très vite plongés dans la peau des lieutenants W. Smith ou Z. Tailor !

Bien plus que quelques références à l’œuvre de Ridley Scott, Escape the Dark Sector, comme Alien en son temps, propose une esthétique qui tranche avec les codes actuels. Son style sombre et dérangeant revêt, pour nous, les attributs d’une véritable vision d’artiste (Alex Crispin en l’occurrence). Le regard de ces 6 lieutenants est aussi perturbant qu’angoissant, et, tout comme l’équipage du Nostromo, font plutôt figures d’humains ordinaires que de héros ciné-géniques. Pour achever notre comparaison osée, nous nous attendons à un jeu à l’histoire simple et « convenue » mais à la mise en scène travaillée et au suspense haletant… Claustrophobes, passez votre chemin !

Pour les amateurs de leur opus précédent, voici les changements apportés dans le gameplay :

  • la division en 3 actes à la montée en puissance progressive des cartes chapitres réduit les possibilités d’un tirage trop défavorable aux joueurs et semble permettre de nouvelles stratégies plus « conservatrices » dans la gestion des équipements et des risques ;
  • les nouvelles capacités uniques et interchangeables liées aux implants cybernétiques (inhibiteurs de douleur, réflexes avancés,…) apportent un peu de profondeur et d’interaction supplémentaire tout en ajoutant encore à la re-jouabilité (déjà forte avec les 48 + 5 cartes chapitres disponibles) ;
  • en plus de pouvoir tirer à distance, les joueurs disposent maintenant de possibilités tactiques nettement plus riches lors d’un affrontement, tel que se mettre à l’abri, recharger ou encore soigner.

Le jeu en solo paraît très accessible puisqu’il suffit de choisir deux équipiers et commencer le jeu habituellement. Vous prendrez toutes les décisions et lancerez les dés vous-même. Vous devrez décider lequel de vos deux personnages retourne chaque carte chapitre. Tout effet personnel dans le texte de ce chapitre ne s’appliquera qu’à ce personnage. De même il vous faudra transcrire chaque mention « chaque joueur » en « chaque personnage »… et voilà !

« Don’t skip the italic text. This game is all about atmosphere and storytelling. »

À l’image de cette phrase, extraite du livret de règles, le jeu sera imprimé exclusivement en anglais. Des connaissances basiques devraient vous permettre de jouer sans embûches… mais pour profiter pleinement de l’atmosphère, nous conseillons ce jeu à des joueurs à l’aise avec la langue d’Ellen Ripley.

La boîte de base est proposée à 34€ + 11€ de frais de port (pour la France). En ajoutant quelques pièces à votre pledge, vous pourrez garnir la boîte de sleeves adaptés et de playmats (mission + joueurs).

La campagne Kickstarter, qui se termine à la fin du mois, ayant largement dépassé son objectif de financement, les nouveaux backers déverrouillent maintenant quelques objectifs ambitieux, dont une bande sonore originale et deux livres : un « Journal de mission » qui présente une collection de courtes fictions interconnectées, et « Death in Deep Space », qui ajoute des scènes de mort contextuelles au gameplay. Etc. Ces strechgoals seront offerts aux backers en format digital et seront proposés en Add-on, en format physique.

Impossible pour terminer de ne pas mentionner la vidéo très série B de la page Kickstarter, dont la musique fait honneur à un autre génie de la SF audiovisuelle, et dont le titre (en V.O.) de deux de ces meilleurs films commence étrangement par « Escape ». Vous avez trouvé ?

La campagne de financement sur Kickstarter

Rédacteur de l’article : Marc

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