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Fief, le Moyen-Âge vous ouvre à nouveau ses bras

par jeudeclick
Publié : Dernière mise à jour le 287 vues 15 minutes de lecture

Il n’aura fallu que 90 minutes à Asyncron pour financer son projet de figurines pour le jeu « Fief », actuellement en financement sur Kickstarter. Un succès dont on vous parle avec plaisir. L’occasion également d’évoquer avec Olivier Chanry la situation d’Asyncron et les nouveautés à venir.

Un catalogue franchement tourné vers des jeux de simulations historiques. Oui, c’est bien l’éditeur Asyncron dont il est question avec un jeu qui refait parler de lui sur Kickstarter. Ce jeu, déjà passé en financement participatif, c’est « Fief » ! Au catalogue d’Asyncron depuis plusieurs années déjà, dans la gamme Épopée, l’opus nous plonge en plein Moyen-Âge. Un période tourmentée de l’histoire durant laquelle les joueurs incarnent une famille souhaitant asseoir sa domination sur les différentes régions du plateau de jeu. Vous conquerrez des villages avec vos troupes, vous acquerrez des titres de noblesse pour gagner des points de victoire, vous forgerez des alliances,… Dans Fief, tout se négocie, on vote, on s’affronte, on se marie et on se trahit aussi. Un titre riche, de diplomatie et de stratégie, qui offre une grande liberté de jeu.

Pour les quelques informations techniques d’usage, Fief est un jeu signé Philippe Mouchebeuf, pour 3 à 6 joueurs en costume médiéval, dès 14 ans et pour des parties de 120 minutes. Et plus si affinité.

Fort de ce succès, Fief a déjà connu des extensions thématiques permettant de partir à la Conquête des Terres Saintes. Entre les puissants Templiers, les chevaliers Teutoniques, les croisades ou l’ajout d’éléments politiques, le jeu a ainsi été enrichi grâce à ce passionnant supplément. Mais ce n’est pas tout. Un deuxième add-on est disponible et consiste à rajouter du volume à l’aire de jeu. Les bâtiments (châteaux, cités, moulins, commanderies et fortifications) sont alors proposés en figurines. Il ne manquait donc plus que les personnages 3D pour compléter et enrichir l’immersion. Et c’est justement ce dont il est question actuellement sur Kickstarter.

Un Fief en campagne !

Lancée le 1er mai, la campagne participative s’étale sur plusieurs semaines et prendra fin le 21 mai 2019. Durant ce Kickstarter, les joueurs auront la possibilité d’acquérir les 18 figurines de Fief. Soit peintes, ou non. Mais ce n’est pas tout ! Le jeu de base était temporairement indisponible et le voilà que les intéressés pourront à nouveau l’obtenir puisqu’il bénéficiera d’un retirage. Retirage également pour les bâtiments 3D !

Par ailleurs, l’éditeur a mis les petits plats dans les grands et l’offre ne s’arrête pas là. Pièces en métal, édition « France » du plateau en version XL ou encore aire de jeu en Néoprène, les options sont plutôt belles et intéressantes. Surtout que ce n’est pas la première fois qu’Asyncron propose ce type de matériel. Cela avait déjà été le cas avec « Mare Nostrum » ou encore avec « 878, Les Vikings ». Et le résultat était au rendez-vous !

Asyncron nous en parle…

Mais finalement, qui serait mieux placé qu’Asyncron pour nous parler de tout cela. Pour évoquer le jeu Fief, cette campagne participative, mais aussi la situation actuelle et les projets de demain. Cela tombe bien, dans son costume médiéval bleu-roi – ce qui nous change des emblématiques chemises à fleurs – voilà qu’Olivier Chanry s’éclaircit la voix pour nous répondre. Olivier n’est autre que le Fondateur et Président d’Asyncron.

Bonjour Olivier ! On est ravis de pouvoir échanger avec toi, discuter de Fief et d’Asyncron. Pour commencer, pas tout le monde connaît Fief. Est-ce que tu pourrais nous expliquer brièvement en quoi consiste le jeu ?

Fief est un jeu de diplomatie avant tout. Pour gagner, il faut obtenir 3 Points de Victoire seul ou 4 PV à deux (alliance par mariage). Pour obtenir 1 PV, il faut constituer 1 Fief, c’est-à-dire contrôler toutes les villes du Fief ou bien être élu Roi ou Pape. Comme il y a 8 Fief à constituer, cela fait un total (avec Roi et Pape) de 10 PV en jeu. Chaque joueur peut avoir jusqu’à 4 seigneurs, et seuls les seigneurs permettent de déplacer des troupes.

Fief a 2 caractéristiques qui lui sont propres. La première est le fait de pouvoir gagner à 2 par alliance. Et la deuxième, est le fait que 8 zones, les Fiefs potentiels chevauchent 5 zones Évéché. Cette asymétrie est la clé de voûte du système car les calamités par exemple qui frappent les zones d’évêché, frappent dans le même temps, partiellement ou non, 1 ou plusieurs Fief.

J’aime dire que la plus belle victoire à Fief consiste à gagner seul (plus difficile qu’à 2) et sans avoir engagé aucun combat. Même si les règles sont denses, tout coule de source et suit une logique, par conséquent, le jeu n’est pas si compliqué qu’il n’y parait.

Pourquoi des figurines 3D ? Cela répondait à une attente ou plutôt une envie éditoriale d’étoffer ce jeu ?

Cela répondait à une attente d’une part, et d’autre part, c’est un réel plus. Ce n’est pas que cosmétique.

Dans la boite de base, les figurines sont en carton (2D) et insérées sur des socles en plastique transparent. Lorsque vous jouez à Fief, il est important de reconnaître rapidement la famille (le joueur) à qui appartient un seigneur. J’aurais pu faire fabriquer des socles de couleur mais le fait qu’un seigneur change de famille (d’une partie sur l’autre, ou bien pendant une partie puisqu’un seigneur peut mourir et revenir -son descendant, dans une autre famille) provoque la dégradation à terme du carton du fait de l’insertion répétée.

La campagne a pour objet, en plus d’aider au financement, de débloquer des paliers comme ces fameux socles Famille, en plastique, qui ont été conçus pour être amovibles. Les joueurs vont donc pouvoir identifier plus rapidement l’appartenance d’un seigneur.

Considères-tu que l’immersion ludique au travers de miniatures ou figurines 3D est importante ?

De mon point de vue, l’immersion que procure un élément 3D doit faire sens et non pas être un moyen artificiel de justifier un prix plus élevé.

Par exemple, lorsque je suis passé au Ludibreak café de Lille, j’ai eu l’occasion de voir la maquette 3D des Colons de Catane. C’est magnifique et c’est vrai que visuellement c’est un plus. C’est pertinent d’avoir un tel exemplaire de démonstration dans un café jeux.

Autre exemple avec Uboot. La maquette en carton est non seulement grandiose (près d’1 mètre de long) mais en plus elle a un caractère fonctionnel. Cela participe à l’immersion parce que le jeu est immersif.

A côté de cela, je viens de voir passer une campagne, par exemple où tout le jeu a été 3Dlisé en plastique, ce qui le rend beaucoup plus cher, mais sera-t-il plus immersif pour autant ?…

Est-ce que les miniatures représentent historiquement les blasons et les costumes de l’époque ?

Oui, les costumes ont été documentés par Patrick Dellanegra spécialisé dans les illustrations historiques. Il a réalisé toutes les illustrations des cartes et de la boîte de la  réédition de Fief (2011). La période couvre du bas moyen âge aux prémices de la renaissance. Pour les blasons, Philippe Mouchebeuf, l’auteur de Fief, s’est inspiré de maisons existantes de l’époque.

L’édition « France » du plateau est à présent proposée. Tu peux nous en dire plus ?

Nous parlions d’immersion quelques lignes plus haut… Je me suis aperçu un jour qu’il y avait une sorte de paradoxe dans notre édition de Fief qui est un jeu hautement immersif : bizarrement, le seul et pourtant fondamental élément, le plateau, est abstrait !

C’est une première version de carte de France réalisée par Cédric Béguin, un fan de Fief, qui a été le déclencheur. Nous nous sommes appuyés dessus avec son accord et nous l’avons sérieusement fait évoluer. Puis, comme nous avions une longue côte, un océan, une mer et la Manche, je me suis dit qu’il fallait exploiter cela.

Après plusieurs mois de réflexion et de tests, nous avons ajouté la règle des villes portuaires. Une règle simple mais pas simpliste qui permet une meilleure interaction géo-stratégique entre les joueurs.

Après cette extension des miniatures, est-il encore prévu de développer de nouvelles choses pour Fief ?

Oui. Les idées ne manquent pas. Je peux citer 2 extensions que Philippe développe : Robin des Bois et Rasia Sarrasine. J’étudie de mon côté plusieurs pistes : un plateau Royaume d’Angleterre, un mode de jeu « Guerre de 100 ans » avec le plateau France, une version simplifiée possiblement couplée à une thématique Contes et Légendes qui se passerait à Brocéliande, et où le système des évêques/cardinal/pape laisserait place aux Druides et Fées. Enfin, je ne désespère pas de convaincre un jour HBO d’avoir le droit de publier l’adaptation fan made de Game of Throne car le système de jeu de Fief colle parfaitement. On peut rêver ! D’ailleurs, George R. R. Martin ne s’est-il pas inspiré tout comme Philippe des Rois Maudits ?

Asyncron connaît une période un peu compliquée. Pourrais-tu nous expliquer et nous rassurer sur ce point ?

C’est le moins que l’on puisse dire mais je n’ai pas trop envie de m’étendre sur le sujet maintenant. C’est la dernière ligne droite et j’ai de bonnes raisons de penser qu’Asyncron devrait pouvoir continuer.

Une fois cette étape passée, on pourra en reparler car il y a des choses à dire.

Le projet Kickstarter de Fief est riche. Boîte de jeu, figurines, peinture, pièces en métal, plateau XL, bâche Néoprène. Dans ces conditions peu évidentes, d’autres éditeurs auraient sans doute opté pour un projet moins ambitieux. Pourquoi ce choix ?

Cela n’est pas si ambitieux dans la mesure où tout est déjà quasiment développé. Les figurines, c’est une société partenaire MIMIKIDZ qui s’en occupe. 2019 est l’année du retour de Fief avec l’édition France.

Pour le futur, as-tu prévu des changements dans la ligne éditoriale d’Asyncron ?

Vu l’offre pléthorique de nouveautés, chaque année, je pense qu’Asyncron va persister et signer dans le fait de n’éditer que des jeux d’exception, si l’on peut considérer cela comme une ligne éditoriale. Enfin, du moins je fais tout pour tendre vers cela. Pour le reste, je ne vois pas de ligne. J’ai simplement envie de jeux qui me plaisent. Je suis par exemple très content d’avoir BattleStar Galactica (qui n’est pas à proprement parler un jeu historique). C’est un jeu de combat tactique dans l’espace avec une dynamique « spatiale 3D » : position à l’arrêt, mouvement en inertie, recul, rotation, niveaux.

On imagine que tu travailles déjà sur de nouveaux projets. Est-ce que tu peux nous en parler ?

Tout d’abord ce qui est attendu et/ou en rupture.

  • On a déjà évoqué Fief.
  • Je dois lancer la réimpression très prochainement de Freedom (Academy Games), dans la série Conflict of Heroes (Academy Games également), j’attends le retour du Réveil de l’Ours avec une évolution 3 des règles, le retour du Solo pour le Réveil de l’Ours et le très attendu Orages d’Acier (évolution 3 des règles aussi).

Pour ce qui est des nouveautés en cours de production,

Pour ce qui est sur le point d’entrer en phase d’édition :

  • La version 2 joueurs de Nosferatu,
  • Wings of Glory, 1ère guerre mondiale.

Et enfin en développement j’ai 5 projets à des stades très différents d’avancement dont 3 dont je peux parler :

  • La Guerre de 100 ans inspirée des séries BoA/BoA dont un prototype sera présenté à l’OPJH en septembre prochain.
  • l’Aéropostale v2 avec une campagne de financement prévue pour début 2020.
  • At the Helm, un jeu d’exploration / colonisation à l’époque des grands navigateurs prévu pour 2021.

Fin juin 2019, Phalanx devrait lancer un projet participatif pour Race to Moscow, dans la même veine que Race to the Rhine. Est-ce qu’Asyncron sera associé pour une version française ?

Je ne suis pas certain de pouvoir rejoindre la campagne compte tenu de leur changement de politique (voir plus bas) mais il va de soi qu’il y aura une version française de la suite de Race to the Rhine.

Où en sont vos projets communs avec Phalanx ? Et les relations avec les autres éditeurs ?

C’est un peu compliqué car Phalanx a décidé de ne faire des campagnes conjointes que sur des gros projets. Donc je dois les rejoindre pour Successor à la fin de l’année mais malheureusement, je crains de ne pas pouvoir faire ni Freedom! (NDLR : Le projet de Phalanx, à ne pas confondre avec Freedom, le chemin de fer clandestin) ni Europe Divided comme je l’escomptais car cela ne tient pas économiquement.

On avait déjà évoqué sur Jeudéclick l’intérêt d’Asyncron pour éditer le jeu Pelegrinus. Peux-tu nous dire où en est ce projet ?

En stand-by suite à l’annulation de la campagne de financement et je n’ai pour le moment aucune visibilité sur le devenir de ce jeu ce qui est bien dommage vu l’investissement que nous y avons mis.

Avant de nous quitter, penses-tu que les jeux historiques sont assez représentés et mis en valeur sur le marché francophone ?

Je pense qu’ils sont méconnus et souffrent d’un a priori, qui consiste à penser que jeu historique rime avec sérieux et complexité. Donc il reste du travail à faire !

Le mot de la fin est à toi Olivier…

Fin !

Merci donc à Olivier Chanry pour toutes ces informations et ces précisions. La campagne Kickstarter de Fief se poursuit encore pendant quelques jours. De notre côté, on souhaite le meilleur à Asyncron pour leurs projets en cours et le futur de leur ligne éditoriale qu’on suit avec attention.

La campagne participative sur Kickstarter

Rédacteurs de l’article : Laurent, Éric, Léo

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